segunda-feira, 17 de novembro de 2008



Au début de Milady, le visage de l'héroïne, quand elle entend le galop des chevaux, se pétrifie tandis qu'elle murmure: « Les Mousquetaires... » Dans Le Bourreau de Venise, un duc se bat en duel. Il vient d'être blessé. Il se trouve hors du champ, mais y revient, la figure et le corps stupéfiés, déjà entré dans la mort: il y entre en marchant, comme s'il découvrait avec un étonnement immense sa propre fin, et peu à peu envahi par elle jusqu'à tomber. Dans Fiamma che non si spegne, une scène nous montre une jeune femme qui apprend que son mari vient d'être tué. Elle le comprend par un échange de regards, par le poids du silence qui l'accueille à son entrée dans la maison. Elle se retire dans sa chambre. Nous ne voyons d'abord pas son visage, mais elle se retourne vers la caméra avec des larmes qui montent. Et nous assistons à l'envahissement lent et inéluctable d'une âme par la douleur, filmé face à face dans cette chambre, dans cette solitude absolue, comme si, ayant pénétré par effraction, nous regardions avec une sorte d'effroi sacré ce que nul ne devait voir.

Ces exemples illustrent un ressort capital de la mise en scène de Cottafavi, la notion d'envahissement, qui domine les instants de crise. C'est le seul cinéaste qui exploite systématiquement l'installation de la crise, au lieu de passer d'emblée à son expression installée. Toute l'attention est fixée sur le passage entre le calme et la tempête, seconde infinie où l'être est surpris dans une intime transformation qui le dépossède de sa liberté et de sa conscience lucide, l'oriente totalement vers une fin unique et, pour ainsi dire, le minéralise dans sa passion. C'est cette pétrification de l'être que la caméra découvre, nous donnant la plus vertigineuse sensation de violer un secret, de pénétrer dans une zone interdite, comme ce qui se peint sur le visage d'une femme à l'instant où le plaisir la saisit et l'emporte.

Michel Mourlet, Du côté de Racine, em Présence du Cinéma n° 9, dezembro de 1961

2 comentários:

Anônimo disse...

Me gusta mucho ese aspecto tembloroso que tienen los Cottafavi en blanco y negro, algo perdido hace mucho, hoy parece que definitivamente
Miguel Marías

bruno andrade disse...

De vez em quando - mas apenas muito de vez em quando mesmo - é possível encontrar alguns destes reflexos da intimidade mais secreta do ator em alguns Garrel, alguns Rivette, talvez em Guiguet (falo "talvez" porque só vi um filme dele), no início de The Sicilian - os olhos marejados de Richard Bauer, vistos por detrás de toda aquela trepidação, como que através de um espelho que revela a intensidade integral de sua dor, o desequilíbrio e a impossibilidade de sua busca em compreender Giuliano (busca semelhante à de Cimino, que já neste início demonstra como é vã e impossível sua tarefa, a de retratar Giuliano).

Esse ato do cineasta fiel ao seu trabalho original, o de descobrir e se deixar surpreender pelos instantes raros de um gesto nobre, amplo e generoso do ator - arte igualmente rara, preciosa e para poucos - é infelizmente ameaçada pelas brutalidades freqüentes que encontramos na maioria esmagadora dos filmes. O que talvez particularize Cottafavi um pouco mais que seus possíveis homólogos é que sua posição já era excepcional num momento em que o cinema ainda se via um pouco menos ameaçado pelo contingente medíocre de lixo pelicular.

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