domingo, 15 de fevereiro de 2009

J-C. Biette: L'article de Mourlet, « Sur un art ignoré », paru dans les Cahiers, était en quelque sorte le « Manifeste du Mac-Mahonisme ». Il m'avait beaucoup marqué: il y était question de films que je ne connaissais pas et que j'ai pu découvrir dans les salles de quartier: Le Tigre de Bengale, Le Tombeau hindou, ou Les Nus et les morts de Walsh. Son texte était non seulement bien écrit, mais ce qu'il contenait de novateur et d'essentiel à l'époque me semble toujours valable aujourd'hui.

J. Narboni: C'est un article important parce que c'était un des premiers à définir, non pas un « en soi » du cinéma, ce que beaucoup de gens avaient fait avant lui, mais un « en soi » de la mise en scène: une tentative de définir le spécifique de la mise en scène, ce qui est très différent. Et Mourlet était au coeur du problème, même si on n'était pas d'accord avec tout.

...

« On ne demande plus du moderne. Le moderne a fait son temps. Il fait à peine recette et ne fait plus scandale. On veut du neuf. Le neuf est le rengaine du consommateur d'images. Le cinéma étouffe aujourd'hui sous le poids des choses dites: souvent les films sont des articles de journaux, des sketches, des pièces de théâtre ou des textes littéraires traduits en audio-visuel. Par obéissance à la dictature de la digestion facile, les auteurs y disent les choses faiblement et gardent leur souffle pour les médias. Le cinéma a encore de beaux jours à vivre: à condition de cesser de se prendre pour un vieil art et de se lamenter sur sa jeunesse passée. C'est une vieille autruche encore très riche. »

Jean-Claude Biette, L'encrier de la modernité, Cahiers du Cinéma nº 375, setembro 1985

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