sábado, 4 de abril de 2009



Pouvez-vous préciser le sens de votre mise en scène, lorsqu'elle se conforme à un schéma géométrique déterminé, sensiblement identique dans la plupart de vos films à certains moments ?

Vous dites très bien : géométrie. Il y a des scènes où cette géométrie est tellement déclarée que, peut-être, elle gêne le spectateur. Ainsi, dans
Fiamma che non si spegne, toute la cérémonie durant laquelle on va fusiller l'homme s'est bâtie selon une forme géométrique presque maniaque, composée de volumes et soulignée par des travellings, géométrie de lignes longitudinales et transversales qui peut apparaître comme un formalisme. De même, dans Les légions de Cléopâtre, la bataille à certains moments tend à devenir un peu un ballet. Je peux difficilement expliquer ce que je veux exprimer, parce que ça naît d'une nécessité profonde de mon esprit. Il existe des situations pour lesquelles je sens la nécessité d'orienter la totalité des événements selon une certaine construction dans l'image (...)

N'est-ce pas d'abord le désir de totalement maîtriser le monde à un certain moment ?

Oui, de lui faire rendre un certain son. Pour être clair, je dirai : j'aime trop Bach pour ne pas chercher à faire du Bach en film. La scène de l'exécution dans
Fiamma che non si spegne est un peu à la manière de Bach, c'est-à-dire bâtie avec des sons verticaux et horizontaux. la forme de cette scène est née de la nécessité de donner une ordonnance aux choses matérielles, pour que soient libérées certaines choses de l'esprit.

Il s'agit très exactement d'une liturgie.

Un homme va être tué avec tout un cérémonial. Que doit-on faire ? De la liturgie.

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