sábado, 7 de novembro de 2009

(...) les pièces de Brecht sont pour tout cinéaste d'indispensables objets de réflexion: l'art de la construction, de la narration, d'aller à l'essentiel dans une fiction, de créer le drame, bref tout ce qui constitue l'arsenal des techniques dramatiques, fut dans ce siècle, au théâtre, à peu près inégalé. Toutefois, si l'on regarde ce qui a été fait au cinéma et si l'on veut bien ne pas souffrir de l'absence d'un éclairage politique explicite, on est obligé de constater qu'un cinéaste anti-marxiste comme DeMille (on pourrait également citer à des titres divers Lubitsch, Capra, Ford ou Chaplin) possédait une connaissance très étendue de tout cet arsenal. Et DeMille, qui avait été formé par le théâtre (David Belasco), sut convertir cet acquis de jeunesse en termes cinématographiques longuement mûris qui virent leur effets en leur temps largement confirmés; de même Eisenstein, nourri de tous les arts. Chez Brecht, chez Eisenstein, chez DeMille, l'enjeu idéologique a pu vieillir ou simplement se modifier jusqu'à perdre ses couleurs primitives, mais les oeuvres et leur dynamisme restent à notre disposition et à notre secours.

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