segunda-feira, 21 de fevereiro de 2011

C'est une opinion que partagent et qu'expriment actuellement certains, que le cinéma a besoin, plus que jamais, de classicisme. Je crois cette opinion un peu inexacte: le cinéma n'a nul besoin de classicisme car, bien compris, il n'est que cela - classicisme. Peut-être pourrions-nous passer les minutes qui nous restent à examiner quelques-uns des éléments de ce classicisme sur lesquels il arrive que des contre-sens soient commis.

Pas de cinéma, pas de cinéma qui vaille, sans réalisme. Qu'est-ce que le réalisme? Deux définitions ou plutôt deux remarques de Wilde et de Ruskin, concernant la peinture, disent assez bien ce qu'il y a à en dire. Le mot de réalisme sans doute les eût fait hurler; la chose leur était familière. Ruskin d'abord: « La seule bonne peinture, c'est de peindre en rose les joues des enfants. » Et Wilde (« Origines de la critique historique »): « On devrait pouvoir dire d'un tableau non pas qu'il est bien peint mais qu'il n'est pas peint. » Ces phrases peuvent étonner de la part de leurs auteurs, pris souvent pour des décadents, des artistes pour artistes, que sais-je encore? Elles montrent en tout cas ceci, que Wilde, Ruskin et d'autres avec eux, qui se posaient sans cesse des questions sur la nature et sur les fins de l'art, s'en posaient guère sur ses moyens. En fait, ils étaient des esprits simples - et bien faits. Ce qui était compliqué, c'était les luttes, les polémiques qu'ils ont eu à mener contre la bassesse et le conformisme de leur époque; eux, compliqués, ils ne l'étaient pas.


Jacques Lourcelles, Allan Dwan, Présence du Cinéma n° 22-23, outono 1966, p. 9-10

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