sábado, 5 de abril de 2014



Miniature où nous voyons Aroutine Sayadian, jeune barde à la cour d'Irakli II. Le barde crée son pseudonyme : Sayat-Nova

''Erekles abano''

La statue d'un lion, gueule ouverte ... L'eau verte en jaillit ...
La vapeur monte d'une source sulfureuse chaude ...
Le roi Irakli est couché sur des dalles de marbre. Les mains d'un masseur tatar courent rythmiquement sur son dos ... il frotte le dos et la poitrine du monarque avec un gant de crin humide et scande une flatterie en souriant...
Le roi regarde tristement les masseurs tatars enduire les chrétiens de « boue turque ».
Et les chrétiens, docilement enduits de boue grise, se laissent sécher avant de se laver à l'eau froide ...
La source chaude, sulfureuse, joue bruyamment avec l'eau verte de la piscine d'où dépassent les têtes de la cour du roi.
Parmi elles, le jeune homme au visage de fresque bleue. Un jet d'eau sulfureuse frappe le jeune homme et coule sur la cascade noire de ses cheveux ... L'adolescent est ému ... Il attend quelque chose ... Il voit...
que les Tatars baignent le roi!
comment on l'enduit de boue grise!

L'eau frappe à grand bruit le fond de la piscine vide.
Deux femmes en noir, en sabots, baignent la jeune princesse Anna. Malgré le bruit de l'eau, la princesse entend que, quelque part, on accorde un instrument...
Des braises fument ...
Le pilaf cuit à l'étuvée ...
Le roi est enveloppé dans un drap blanc.
Des draps blancs enveloppent sa suite.
Un drap blanc enveloppe le barde ... Il accorde lentement les cordes et écoute le ventre de la kemantcha ...
Et dans le silence qui se fait, le barde chanta. Et ses paroles et les notes de la kemantcha résonnèrent dans les voûtes des bains ... qui répondirent en écho ...
Le roi écoute le barde.
La suite du roi écoute.
Les braises fument. Le pilaf fume.

L'eau verte frappe l'eau verte de la piscine.
A travers le bruit de l'eau, la princesse entend le barde.
La princesse cherche le silence ... Elle tend sa poitrine sous les jets verts et l'eau, honorée, se tait ... Les filets liquides verdissent sa poitrine blanche. Elle écoute le barde ...

D'où viens-tu, rossignol, mon ami ?
Ne pleure pas ! Je donne mes larmes.
Tu attends la rose et moi, ma mie.
Ne pleure pas ! Je donne mes larmes.

Le barde chante, chante ! Et tombent, tombent les larmes des cheveux mouillés, si noirs, du barde ...
Barde! Comme ta chanson me charme !
Nous sommes en feu, toi et moi !
Sayat a dit : « Oh, toi, ma mie !
Ne pleure pas ! Je donne mes larmes. »

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