quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

«100 ans de cinéma britannique» : le regard de Stephen Frears avec ""Goodbye Mr Chips""

Par Louis SKORECKI — 14 avril 1995 à 03:01

Grâce à une coproduction entre le British Film Institute et Channel Four, une formidable collection voit le jour, qui consiste à confier à des cinéastes des reportages sur cent ans de cinéma dans leurs pays. On commence avec le cinéma britannique vu par Stephen Frears et on continuera avec Nagisa Oshima (Japon), Edgar Reitz (Allemagne), Martin Scorsese (Etats-Unis), Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville (France).

Frears rappelle une formule célèbre de Truffaut, qui affirmait qu'il y avait incomptatibilité entre les termes «cinéma» et «britannique». Ensuite, en 52 minutes, il prouvele contraire.Frears place son reportage sous le signe de Goodbye Mr Chips, ce qui lui permet d'évoquer ses années de collège dans une école privée. Il fait appel au témoignage d'Hitchcock pour souligner les systèmes de punition qui étaient appliqués dans les collèges. Tout l'art du suspense d'Hitchcock viendrait donc de la situation de l'élève à qui l'on dit lundi qu'il sera battu mercredi.

Entre Boys Will Be Boys de 1935, où le directeur d'un lycée se fait chahuter, et If, le film de Lindsay Anderson en 1968, où le même directeur est assassiné, les choses ont bougé. C'est précisément avec Lindsay Anderson et avec Karel Reisz que Stephen Frears fait ses débuts au cinéma.

L'éternelle question que se posent les réalisateurs britanniques, c'est de savoir s'il faut ou non s'expatrier à Hollywood. Frears décide de prendre le thé avec deux des plus célèbres cinéastes exilés en Amérique, Alexander Mackendrick et Gavin Lambert. Tous les trois insistent sur la force narratrice des images de Hitchcock, qui sera plus tard l'exilé hollywoodien le plus connu d'Angleterre. Le film insiste sur l'importance historique de Brève Rencontre de David Lean, document sur le refoulement sexuel des classes moyennes de l'époque. On passe trop vite sur l'onirisme flamboyant de Michael Powell (Une question de vie ou de mort, 1946) pour arriver au monde provincial des Chemins de la haute ville (Jack Clayton, 1958). Pour parler du cinéma contemporain, Frears prend encore le thé, cette fois-ci avec Alan Parker et Michael Apted.

On en arrive au phénomène de My Beautiful Laundrette, le film de Frears réalisé pour la télé et qui connaît un succès mondial au cinéma. Au terme de ce documentaire, on s'aperçoit que le cinéma britannique est beaucoup plus riche et complexe qu'on ne l'avait imaginé.

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog