segunda-feira, 31 de agosto de 2015

A nos amours

05/03/2004 à 23h36

Cinécinéma auteur, 21 heures

SKORECKI Louis

Qui se demande encore ce que vaut A nos amours ? Ce qu'il vaut aujourd'hui, je veux dire. Il ne s'agit pas du tout de «réévaluation». Un film se juge et s'évalue d'un seul coup. Il n'y a que la première fois qui compte, un point c'est tout. Seuls les couillons et les éjaculateurs précoces ont des regrets ou changent d'avis à la «re-vision», comme ils disent. Il n'y a pas si longtemps, A nos amours, c'était la fraîcheur de la découverte, une fossette inédite, le charme des amours adolescentes. Il n'y a pas si longtemps, c'était la vraie découverte d'un visage, celui de Sandrine Bonnaire, et d'un acteur formidable qui lui donnait des gifles aussi formidables, Maurice Pialat. Pas sûr que ce soit un grand cinéaste, mais c'était un merveilleux acteur. Il n'y a pas si longtemps, ce même Pialat, cinéaste confidentiel s'il en est, réussissait un beau coup de pub : émouvoir la France entière, celle des villes et des campagnes, avec une version outrageusement art et essai de la Boum. Plus tard, il prendrait même Sophie Marceau, l'héroïne de ce film qu'il avait copié aux yeux du monde (les choses se sont passées moins bien que Pialat ne l'espérait ; pour elle, on ne sait pas). Que reste-t-il de tout ça aujourd'hui ?

­ Que reste-t-il de nos amours, tu veux dire ?

­ Les tiennes, je ne sais pas, moi c'est là.

­ Dans ton coeur, tu veux dire ?

­ Appelle ça comme tu veux. Le coeur, la tête, ou plus bas.

­ Quand tu dois aimer quelqu'un, ni le coeur ni la tête ne te servent à rien.

­ Parle pour toi. Pialat, tu l'aimes ?

­ Oui.

­ Ce film, tu l'aimes avec le coeur ou avec le sexe ?

­ Avec les deux.

­ C'est bon signe.

­ Ah non, pas le signe ! Pas encore !

­ Ce film, tu l'aimes pour Bonnaire ?

­ Non, pour Besnehard.

­ Ça commence à faire sens, non ?

­ Je ne sais pas, moi.

­ Alors, il y a de l'espoir.

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