segunda-feira, 31 de agosto de 2015

All About Eve (2)

CINECINEMA CLASSIC, 18 h 30

Par Louis SKORECKI

Lire dans cette histoire une leçon de vie autant qu'une leçon de cinéma. Mettre des guillemets à «cinéma» dès qu'il s'agit de l'art d'usine qui a fait la fortune des petits Juifs juste arrivés de leur shtetl, ceux qui allaient définir les valeurs politico-morales de l'Amérique. La leçon du film tient dans sa morale : Bette Davis, qui n'a pas su se méfier de sa meilleure amie, qui est aussi sa rivale, Anne Baxter, s'en mordra les doigts. Le scénario souffre d'un mélange très mankiewiczien de lyrisme généreux et d'absence de générosité. Mankiewicz est-il un cinéaste ? S'il a signé entre Dragonwyck (1946) et Soudain l'été dernier (1959) quelques grands films (l'Aventure de Mme Muir, Chaînes conjugales, People Will Talk, Five Fingers, la Comtesse aux pieds nus, Un Américain bien tranquille), ce n'est pas la même chose qu'être cinéaste.

Ce qui fait toujours le génie de Mankiewicz, c'est la distribution, ici parfaite : Bette Davis, Anne Baxter, George Sanders, Celeste Holm, Gary Merrill, Hugh Marlowe, Thelma Ritter, Gregory Ratoff. Sans oublier la jeune Marilyn Monroe. L'écurie de la Fox de Zanuck, en somme. Heureusement que les castings de Mankiewicz humanisent la sécheresse paranoïaque de la plupart de ses scénarios. Doit-on rire ou pleurer à cette histoire sentimentalement tordue ? A vous de voir.

(A suivre)

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