quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Arte. 20h40. Des oiseaux petits et grands.

06/11/1995 à 10h33

SKORECKI Louis

C'est une semaine Pasolini avec le très beau documentaire de Cinéastes de notre temps mercredi et ce soir la Ricotta, génial court métrage avec Orson Welles suivi d'un autre documentaire construit à partir d'émissions de la télé italienne. Mais le chef-d'oeuvre est sans conteste Des oiseaux petits et grands, plus connu sous son titre original, Uccellacci e Uccellini.

Le film commence sous la lune par un générique chanté, un pas plus loin que Guitry dans la même direction. Puis on voit un père et son fils qui marchent sur la route. Ils sont joués par Toto, l'acteur le plus célèbre de la comédie italienne, et Ninetto Davoli, l'acteur fétiche de Pasolini. Toto dit qu'on n'attrape rien avec la lune. Même les poissons se cachent. Il faut attendre la marée haute. On passe du coq à l'âne dans la conversation, Ninetto allant jusqu'à faire l'éloge du dentier de maman.

Dès le début, avec ces deux silhouettes sur la route, c'est à Charlot le vagabond qu'on pense, même si le récit, picaresque et allégorique, s'inspire tout autant de la fable que de Chaplin.

Après avoir appris à danser, dragué une fille déguisée en ange, Ninetto traverse des rues avec des noms impossibles et demande à son père comment on fait pour mourir. Toto répond qu'il ne sait pas, il n'a jamais été mort. C'est à ce moment que se présente à eux un corbeau qui parle. «Vous voulez que je vous accompagne?», demande l'oiseau noir. Il précise qu'il «vient de l'Idéologie, rue Karl-Marx», c'est un corbeau de gauche.

Le corbeau raconte une histoire et voilà nos deux compères transformés en moines du XIIIe siècle, qui se mettent en route pour évangéliser les oiseaux.

Il faut d'abord apprendre à leur parler et Toto s'essaye tant bien que mal aux cris d'oiseau. Ils prient pendant plusieurs saisons, l'automne, l'hiver neigeux et le retour du beau temps. Après un an de silence, la gorge de Toto se bloque et de vrais cris d'oiseaux sortent enfin de sa bouche. Il parle d'amour aux faucons qui, apparemment, le comprennent (le langage-oiseau est sous titré). Mais après avoir évangélisé les faucons, il faut faire de même avec les moineaux.

Toto trouvera qu'avec les moineaux le langage est en fait le sautillement et pas les cris. Eux aussi seront évangélisés. Et le chemin sur la route de Toto et Ninetto pourra continuer.

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