quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Arte, 21h35. ""Petit à petit"" Jean Rouch.

19/10/1995 à 09h08

SKORECKI Louis

A côté de ses films ethnographiques, Jean Rouch n'a cessé de tourner des fictions folles, quelquefois africaines ou franco-africaines, qu'il mène d'une main de maître. Comme ces films sont tournés caméra à la main, avec une grande liberté de rythme et d'esprit, ils ont influencé la Nouvelle Vague qui a trouvé là une manière de s'écarter des grosses machines de la Qualité Française.

Petit à petit a été tourné en 1970, c'est-à-dire après les années cinquante héroïques où Rouch était le compagnon de route de Godard ou Astruc. Mais il garde cette fraîcheur de ton insensée qui fait qu'on le regarde se dérouler avec un plaisir fou. Preuve de la liberté de ce cinéma, la version «originale» de Petit à Petit durait quatre heures. Celle que nous voyons aujourd'hui a sagement été ramenée à une heure trente sans que disparaisse le joyeux anarchisme du jeu et du propos, avec ses dialogues dans le français savoureux et approximatif des Africains.

Trois amis Nigériens ont fondé une société prospère à Niamey, Petit à petit. Ils font de l'import-export mais gardent leur personnalité, Damouré (Damouré Zika) faisant figure de leader auprès de Lam (Lam Ibrahima Dia) et Illo (Illo Gaoudel). Damouré se rend à Paris pour étudier la construction des «maisons à étages» qu'il voudrait implanter à Niamey. Il fait de l'ethnologie sauvage et visite la capitale pendant de longues semaines. Inquiet, Lam le rejoint. Ils s'achètent une voiture luxueuse et avec deux amies et un clochard repartent pour Niamey. Mais la vie africaine ne convient pas aux deux jeunes filles et au clochard qui décident de s'en retourner. Au terme de cet aller-retour farfelu, nos trois amis abandonnent leur fructueuse société et redeviennent des hommes modestes mais libres.

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