quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Arte. 22h25. «Une vie indépendante.» Vitali Kanevski ressuscite l'hiver près de Vladivostock.

22/05/1995 à 04h50

SKORECKI Louis

Le premier film de Vitali Kanevski, Bouge pas, meurs, ressuscite, fait sensation au festival de Cannes en 1990 où il obtient la Caméra d'Or. Ce cinéaste qui fait enfin son premier film après avoir connu des années de prison ne ressemble à aucun autre. Une vie indépendante est en 1991 la suite de Bouge pas... et on retrouve Valerka, le gamin du premier film, devenu adolescent. C'est Pavel Navarov qui interprète ce rôle avec une vérité bouleversante. On apprendra plus tard, dans Nous les enfants du XXe siècle, un documentaire que Kanevski réalise en 1993, que ce jeune acteur a lui aussi échoué en prison.

Dans la ville-caserne de Soutchan, près de Vladivostok, un homme et son cheval marchent dans un désert de brume. C'est l'URSS de Staline. Valerka, qu'on appelle aussi Vassiliev, est un garçon buté, que les avances de la petite Valia agacent. Pour jouer Valia, Kanevski a repris Dinara Droukarova, qui jouait le rôle de sa propre soeur, Galia, et qui mourait à la fin de Bouge pas...Tout est gelé. C'est l'hiver perpétuel. Valerka ne supporte pas qu'on veuille tuer le cochon, il le caresse et lui parle. Quand on égorge l'animal, que Valerka appelle Machounia, le gamin dit que le cochon l'a regardé dans les yeux et qu'il l'a trahi.

Dans la neige et la boue, un gamin grandi trop vite apprend l'amour et la vie. Il voit des hommes qui font l'amour comme des bêtes, des policiers qui aiment humilier leurs prisonniers, des prisonniers japonais qui rêvent. Valerka s'enfuit, erre dans ce pays glacé, témoin de scènes drôlatiques et cruelles, à la poursuite de son propre destin.

Nenhum comentário:

Arquivo do blog