quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Astra, les multiples visages d'une femme dans ""La Femme en question""

Par Louis SKORECKI — 5 mai 1995 à 05:03

CINE CINEFIL, 22h05. «La Femme en question». Un film d'Anthony Asquith (1950).

Longtemps considéré comme un cinéaste académique, Anthony Asquith est aujourd'hui jugé avec plus de nuance. Ce cinéaste britannique, fils du Premier ministre et de lady Oxford, réalise entre 1927 et 1964 quelques dizaines de films inégaux, que nous redécouvrons peu à peu. The Woman in Question (la Femme en question) est passionnant de bout en bout. L'année suivante, en 1951, Asquith réalise d'ailleurs le film que beaucoup considèrent comme son chef-d'oeuvre, The Browning Version (l'Ombre d'un homme).

La femme en question du titre est découverte, étranglée avec sa propre écharpe, par le gamin qui lui montait son journal. Asquith va consacrer tout son film à l'examen presque clinique du caractère de cette femme, à travers des témoignages divergents, qui sont autant de portraits subjectifs.

C'était une tireuse de cartes qui s'appelait Agnès Houston mais que beaucoup appelaient de son pseudonyme de cartomancienne, Astra. Le commissaire Lodge interroge d'abord Mme Finch, une voisine, pour qui Astra (Jean Kent) était une belle femme sympathique, que venaient embêter sa jeune soeur, Catherine, et un prestidigitateur au chômage, Bob Baker, joué, avec un noeud papillon et une banane de rocker aristo, par le jeune Dirk Bogarde.

Pour chacun des autres témoins, Astra est différente, tantôt laide et agressive, tantôt innocente et presque ingénue. Est-elle l'alcoolique que décrit sa soeur ou la jeune première rêvée par un voisin amoureux? Il faudra à Lodge beaucoup de perspicacité pour faire le tri entre les cinq témoignages et trouver, in extremis, l'assassin de cette femme si mystérieuse.

Louis SKORECKI

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