quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Berlin Express Ciné Cinéfil. 20h30.

LOUIS SKORECKI 5 AVRIL 1996 À 04:33

Fils du célèbre réalisateur hollywoodien Maurice Tourneur, Jacques Tourneur naît à Paris en 1904. Il devient citoyen américain à quinze ans et commence dès 1919 à faire son apprentissage sur les films de son père. C'est pourtant en France qu'il réalise ses premiers longs métrages. Il faudra qu'il retourne aux Etats-Unis pour que son talent tout à fait singulier trouve à s'exprimer. En 1942-43, il signe pour le producteur Val Lewton trois films à petits budgets, Cat People, I Walked With A Zombie, The Leopard Man, qui renouvellent radicalement le genre fantastique. La grande trouvaille de Tourneur est en effet de suggérer l'angoisse au lieu de montrer l'objet de la peur. Il utilisera ce procédé dans tous ses films mais surtout dans Curse of the Demon (1957).

Tourneur emprunte au genre expressionniste qu'il habille d'un suspense délicat, ouvrant ainsi la voie au cinéma d'Alfred Hitchcock. Parmi ses nombreux chefs-d'oeuvre, on retiendra deux thrillers, Experiment Perilous (1944) et surtout Out of the Past (Pendez-moi haut et court, 1947), et un film intimiste, Stars in my Crown (1950). C'est l'un des réalisateurs les plus originaux de l'histoire du cinéma.

Berlin Express est en 1948 un formidable film d'espionnage qui se passe dans le monde de la guerre froide. A partir de l'histoire d'un Allemand qui retourne à Francfort avec un plan pour réunifier les deux Allemagnes, Tourneur a bâti une histoire dense et impénétrable, souvent confuse.

Le docteur Bernhardt (Paul Lukas) prend le train pour Francfort. Dans les wagons voisins, un Américain expert agricole, Robert G.Lindley (Robert Ryan), un ancien résistant français devenu commerçant, Henri Perrot (Charles Korvin) ainsi qu'un Anglais et un Soviétique. On essaye de tuer une première fois le docteur Bernhardt, mais c'est un autre qui meurt à sa place. Lucienne Mirbaux (Merle Oberon), veille sur lui.

On comprend vite qu'un complot nazi vise à éliminer le docteur. Tous les Européens le protègent, dans le train d'abord, puis dans Francfort dévastée par les bombes. Le film se prend alors à ressembler à du Rossellini. Allemagne, année zéro n'est pas loin.

SKORECKI Louis

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