domingo, 23 de agosto de 2015

Blow out. Ciné Cinémas, 23h45.

21/10/1997 à 10h25

SKORECKI Louis

A l'heure du prime time, une belle paire de films complémentaires font hiatus, réclamant tous deux notre attention. Soit, d'une part, Blow Out, de Brian de Palma, broderie maniériste néo- hitchcockienne, prenant son point de départ dans un détail sonore, longuement analysé, fantasmé ou rêvé, peut-être d'ailleurs tout simplement amplifié. On se rappelle le thème: un ingénieur du son (de cinéma, détail pas inutile qui dit ici la dimension ciné-cinéma, à la Minnelli, à la Godard, de l'entreprise), à partir de bruits minuscules et inaudibles, entreprend de réécrire l'histoire d'un meurtre. Soit une extrapolation sonore d'un film au titre voisin, le formidablement délicat (et maniéré aussi) Blow Up d'Antonioni, cinéaste fondamentalement honnête qui a fait de cette honnêteté précisément son motif, voire son thème principal. Médiocre film, Blow Out nous touche aujourd'hui par sa dimension proprement prophétique de vrai cinéma parlant, qu'il ne fait hélas qu'entrevoir: qui a dit, haut et clair, que le cinéma parlant est, avant tout, fait de paroles (bruits, musiques, ambiances...), et que l'image n'y est que pour, mettons, un petit tiers? Elle n'y vaut, au mieux que par ses effets de magie héréditairement convenus. Voilà une nouvelle décoiffante dans notre ciné-monde dominé par l'art convenu du cadre et des lumières. Et seul Godard, dans ses déclarations tonitruantes (davantage que dans ses ciné effets de stéréo dissonante, sons, dialogues et musiques menant, chacun, sa propre vie), pointe depuis plus de vingt ans la médiocrité navrante du son dans le cinéma, cinéma d'auteur compris. L'autre film de ce prime time hésitant, c'est la version signée John Carpenter de l'Homme invisible (France 2, 20h55), bien inférieure au film culte joué par le méchamment hitchcockien Claude Rains. Bien inférieure, surtout, à la formidable série britannique du même nom, ingénieuse et lyrique, chef-d'oeuvre du film noir de (télé) série. A écouter pour le climat sonore carpenterien. A voir pour les effets magrittiens de découpe, le charme potiche de Darryl «Splash» Hannah et la petite musique, musico imagée, du petit maître Carpenter.

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