quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

«Bonjour», le trivial osé d'Ozu

17/02/1995 à 01h03

SKORECKI Louis

«Bonjour», le trivial osé d'Ozu

Arte, 23h10, film Après

Fleurs d'équinoxe vendredi dernier et Crépuscule à Tokyo sur Ciné Cinéfil, Bonjour est le troisième Ozu que nous pouvons voir en à peine plus d'une semaine. L'occasion de nous replonger dans un univers attachant, fait de variations infinies sur la famille et la solitude.

Bonjour est une curieuse histoire d'enfants frondeurs que Yasujiro Ozu tourne en couleurs en 1959. Le seul cinéaste à avoir jamais réussi ce mélange de mélodrame sec et de comique au vitriol, c'est Jacques Tati. Curieuse parenté, qui commence par une même utilisation de la musique, tristement allègre et sautillante. Ce film est un un remake de Gosse de Tokyo, un Ozu de 1938, ici largement «modernisé». Dans Gosses de Tokyo, deux enfants se révoltaient contre leur père car ils ne supportaient pas sa soumission vis-à-vis de son patron. Dans Bonjour, plus terre à terre, les enfants font une grève de la parole pour obtenir un poste de télévision.

Dès le début, on est dans le trivial. Nos deux petits héros s'amusent à péter en plein air avec leurs copains. Ils se cognent sur le front et cela doit produire automatiquement un pet. Quel cinéaste oserait, même aujourd'hui, filmer une telle scène? Tout au long du film, les séances de pets reprendront avec, à la clé, les différents moyens de péter au mieux de sa forme.

Jamais Ozu n'a été aussi loin dans son humour familial, à la fois audacieux et conservateur. Un chef d'oeuvre d'humour froid, serein et tranquillement désespéré.

Louis SKORECKI

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