terça-feira, 25 de agosto de 2015

Bonjour tristesse (3)

par Louis SKORECKI

Pas le plus beau Preminger, mais l'un des plus solaires. Il ne divise pas, il réunit. Impossible de ne pas l'aimer. Lourcelles : «A cheval entre deux périodes, le film occupe une place à part dans l'oeuvre de Preminger. C'est le seul où l'auteur ait donné à un petit sujet de caractère intimiste et tragique (figurant en général dans la première partie de son oeuvre) les attributs ­ le scope, la couleur ­ qu'il réserve le plus souvent au traitement de grands sujets politiques et sociaux.»

Un sujet en demi-teintes joliment tenu à distance par un appareillage très lourd, que rêver de mieux pour restituer l'univers mélancolique et chuchoté de Sagan ? Insistant sur le traitement du passé en couleur et du présent en noir et blanc, unifiés par la voix off de l'héroïne, Lourcelles explique que le personnage de Cécile (Jean Seberg) est plongé «dans une sorte d'éternité glacée, et pourtant poignante pour le spectateur, où elle revit et ressasse indéfiniment une histoire qui l'a fait sortir, irrémédiablement, de l'univers libre et insouciant de l'enfance-adolescence et de sa connivence avec son père». Brillant, concis, définitif. Le père, c'est David Niven. Un Daney hétéro. Jean Seberg dit adieu à ce père/amant. De là à conclure que le film est l'histoire d'un paradis perdu, il n'y a qu'un pas. Littéralement, bonjour tristesse.

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