quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Capra soigne son président pas ripou : ""L'enjeu""

Par Louis SKORECKI — 20 avril 1995 à 02:54

Si les films «politiques» de Frank Capra ont contribué à faire sa célébrité, l'Enjeu (State of the Union) qu'il réalise tardivement en 1948 n'en fait pas partie. Capra a abandonné le style léger et utopiste qui faisait le charme de ses comédies pour s'essayer à une fable plus réaliste.

Sam Thorndyke (Lewis Stone) est un patron de presse atteint d'une maladie incurable. Il convoque sa fille Kay, jouée par l'évanescente Angela Lansbury, pour lui léguer son empire. A peine est-elle sortie de cette brève entrevue qu'un coup de feu retentit. Le vieil homme s'est donné la mort.

Dès lors, Kay Thorndyke n'a plus qu'une idée en tête, mener un homme à la présidence des Etats-Unis. Elle jette son dévolu sur Grant Matthews, ancien aviateur devenu patron d'une usine d'avions avec qui Capra laisse entendre qu'elle a une liaison. Il est marié à la jolie Mary qui lui a donné deux enfants et souffre de son infidélité. Pour donner vie à ce couple, Capra a fait appel à un couple célèbre du cinéma, Spencer Tracy et Katharine Hepburn. Ils donnent à leurs personnages un charisme et une énergie inépuisables. Il faut donc mener notre héros à la tête du Parti républicain. Au début, le directeur de campagne, Jim Conover (Adolphe Menjou) laisse Grant Mathews libre de ses discours généreux et enflammés. Mais pour gagner, il faut transiger avec des hommes louches et Kay Thorndyke réussit à convaincre Grant de mettre de l'eau dans son vin et de lire des discours qu'on lui a écrits.

Fidèle à ses idées, Capra imagine que Grant Matthews se révolte et reprend ses discours mondialistes et enflammés. Il ne sera pas Président mais ses idées sont en marche.

Louis SKORECKI

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