quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Cartes sur table. J. Franco

Par Louis SKORECKI — 28 juin 1996 à 06:20

Ciné Cinéfil. 22h10.

Eddie Constantine est sans doute l'acteur américain le plus célèbre du cinéma français. Né aux USA en 1917, il incarne dès 1953 Lemmy Caution, le héros de Peter Cheney, dans une série de films d'action où il est superbe de décontraction musclée. Il est même tellement populaire qu'on lui invente un rival aussi viril, Callaghan, tiré lui aussi des romans de Peter Cheney, et joué par le blond T. Wright. Godard s'offrira le luxe de le faire tourner deux fois pour notre plus grand plaisir. Acteur limité, Eddie Constantine a su tirer le meilleur parti de son physique énigmatique et inquiétant.

C'est ici un cinéaste de talent qui le dirige. Largement méconnu, Jess (ou Jesus) Franco est né en 1930 et tourne encore aujourd'hui les petits films fauchés qui ont établi sa réputation souterraine. Il a bien dû tourner une bonne centaine de films depuis 1961. A la question Pourquoi Filmez Vous? que lui posait Libération, il avait répondu: «Parce que ça me coule par le nez». Une manière ironique d'expliquer qu'il tournait une profusion de films sans pouvoir s'en empêcher. Ses films sont curieux, faits de bric et de broc, souvent signés sous des pseudonymes. Il fait d'excellents débuts sous le signe de l'épouvante avec l'Horrible docteur Orloff joué par le génial Howard Vernon. Il réalise aussi une excellente adaptation de Dracula et une version intéressante de la Justine de Sade. Sous le nom de Clifford Brown (le formidable trompettiste noir), il tourne ensuite des pornos fauchés mais jamais inintéressants, en particulier les Prédateurs de la nuit qui mixte habilement le polar à l'érotisme.

Cartes sur table est en 1965 un curieux mélange de film d'action et de film fantastique. Après un pré-générique époustouflant où l'on voit un tueur aux gestes saccadés exécuter froidement deux hommes politiques de premier plan, on rejoint Interpol qui fait appel à Hal Pereira (Eddie Constantine), un agent secret en semi-retraite. Pourquoi le tueur mystérieux, chaussé de lunettes épaisses, perd il son hâle en mourant? On suspecte une organisation secrète d'avoir inventé un procédé qui fait d'un homme au sang rhésus zéro un tueur zombie. Lancé sur les traces des malfaiteurs, Hal détruira le réseau assassin international.

Louis SKORECKI

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