quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

C'est arrivé près de chez vous

23/11/1995 à 09h58

SKORECKI Louis

Ciné Cinémas, 9h45.

Bien que Rémy Belvaux ait signé seul la mise en scène, C'est arrivé près de chez vous nous parvient sous une triple signature, Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde. Ce film belge de 1992 a bénéficié, lors de sa sortie, d'un grand succès en salle malgré son budget minuscule. Avec un ton volontiers impertinent, à mi-chemin entre bonne blague et tragédie quotidienne, il nous emmène dans l'univers d'un serial killer. Parodiant les méthodes de la télévision à scandale et des reality shows, le film suit un personnage principal omniprésent et dérange cons-tamment le spectateur par sa violence de pacotille.

Dès le début ­ un homme dans un train qui étrangle une fille avec un cordon ­, on est dans une sorte de faux réalisme exacerbé. Dès qu'il a fini de la tuer, l'homme explique à la caméra comment lester le corps pour qu'il coule dans l'eau. Puis il le jette dans une rivière. On comprend peu à peu qu'une équipe de télévision est sur les pas du tueur, qu'elle le suit dans chacune de ses expéditions et qu'il se confie à elle. Benoît Poelvoorde, qui joue le rôle du tueur en série, est un acteur de cabaret dont le jeu outrancier contraste avec le style pseudo-réaliste du filmage.

On passe allègrement d'une série d'assassinats filmés sèchement, avec le sang qui gicle de partout, à une confession comique. Dans une scène typique de l'humour froid du film, notre tueur tue un Noir et demande à Rémy, qui fait partie de l'équipe télé, d'ouvrir sa braguette pour vérifier si ce qu'on dit des Noirs est vrai. «Il est bâti comme un mulet», confie Benoît à la caméra.

A chacun de ses crimes, Benoît innove. Ayant repéré dans l'appartement d'une vieille dame un médicament pour les cardiaques, il hurle avec son revolver brandi et elle tombe raide morte de peur. «Ca économise une balle», dit notre héros dérisoire. Puis il cherche l'argent dans l'appartement et en donne une partie aux membres de l'équipe télé. Impossible, jusqu'au bout, de séparer le tueur de ses complices de l'équipe de télévision. On ne saura jamais, et c'est ce qui fait la force du film, sur quel pied danser.

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