quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 11h45. Don Quichotte. Le chevalier de Pabst fait toujours bonne figure.

13/06/1995 à 05h29

SKORECKI Louis

G.W. Pabst est surtout connu aujourd'hui comme le cinéaste qui a lancé Greta Garbo et Asta Nielsen. Mais il a fait bien d'autres choses et, en particulier, ce très curieux Don Quichotte de 1932, avec l'un des plus grands chanteurs d'opéra de tous les temps, le merveilleux Fédor Chaliapine.

Très bien grimé, Chaliapine se glisse dès les premières images dans la peau de don Quichotte de la Manche, le chevalier à la triste figure. Il vient de vendre son dernier lopin pour acheter des livres, au grand désespoir de sa nièce, jouée par une toute jeune Mireille Balin. Don Quichotte délire déjà, de sa belle voix teintée d'un accent russe inimitable.

Quand il chante qu'il va partir, il y met un curieux réalisme qui transforme l'opérette de départ en mélo baroque éclaté. Lors d'une représentation théâtrale, don Quichotte croit entendre les trompettes du roi Arthur qui l'appellent. Les comédiens du spectacle accueillent don Quichotte comme un frère et ils le nomment chevalier. Il ne lui reste plus qu'à aller chercher Sancho Pança, joué par le rondouillard Dorville, et les voilà partis.

Il charge une armée de géants, qui sont en fait de paisibles moutons, dans une débauche de plans obliques qui anticipent le Don Quichotte inédit et inachevé d'Orson Welles. Dorville chante comme un chanteur d'opérette, en complet contraste avec le registre de Chaliapine. Pour sa Dulcinée, le chevalier charge d'autres géants, qui sont en fait des moulins à vent. Et tout s'achève dans un chant dérisoire qui célèbre une île heureuse où tout est pur et sans mensonges.

Rediffusions: mercredi 14 à 19h25, jeudi 15 à 15h20, vendredi 16 à 0h50.

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