quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 12h05. Aux deux colombes.

Par Louis SKORECKI — 12 janvier 1996 à 00:01

Ciné Cinéfil. 12h05. Aux deux colombes.

On rediffuse souvent pour notre plus grand bonheur les films acides et personnels de Sacha Guitry. Mais Aux deux colombes, qu'il réalise en 1949, est rarement du lot. C'est pourtant une oeuvre charmante qui supporte très bien son demi-siècle d'âge et qu'on regarde aujourd'hui encore avec ravissement.

Les génériques de Guitry sont en général de petits films en eux-mêmes, et celui-ci doit être un des plus longs que l'auteur ait jamais filmés. L'ombre de Guitry commence par saluer le décorateur qui s'avance. Un acteur qui cherche un emploi vient offrir ses services. Il annonce qu'il peut tout jouer. Guitry ne résiste pas au plaisir du bon mot: «Voulez-vous jouer le rôle de quelqu'un qui s'en va?» La voiture-son fait son entrée avec son opérateur proprement casqué. On verra ensuite les accessoiristes, Louiguy qui accepte de faire la musique du film, les décorateurs qui finissent leur travail, la caméra, «cette bouffeuse de pellicule, oeil de cyclope, elle n'a pas d'autre objectif», les actrices et les maquilleurs, le dessinateur, les électriciens, l'opérateur et le malheureux acteur errant qu'on repêche pour un rôle de valet de chambre.

Sacha Guitry joue le rôle d'un avocat dont la vie va être bouleversée par l'irruption de sa première femme, qu'il croyait morte depuis plus de vingt ans. Elle avait disparu dans un incendie à Valparaiso. Comme il croyait cette Marie-Jeanne morte, Guitry avait épousé sa soeur, Marie-Thérèse. Quand Marie-Jeanne réapparaît, elle commence par s'évanouir. Puis elle raconte qu'elle avait perdu la mémoire pendant vingt-deux ans et qu'elle est maintenant à la tête d'un fabuleux héritage de quarante millions qu'elle doit partager avec sa soeur.

Entre ces deux femmes, Guitry ne sait pas laquelle choisir. Il raconte même qu'au moment de son premier mariage, il n'avait déjà pas pu choisir entre les deux soeurs. Pour arranger le tout, une amie de Marie-Jeanne, grande duchesse de son état, fait irruption dans la scène. C'est Lana Marconi qui lui prête ses airs de grande dame alanguie. On voit vite que Guitry n'est pas insensible à son charme néo-slave et qu'il la couve des yeux.

Tandis que les deux soeurs s'occupent de leurs affaires, Guitry trouve l'amour avec la belle Lana.

Louis SKORECKI

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