quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 16h. La Fille du diable.

Par Louis SKORECKI — 29 mars 1996 à 02:07

Ciné Cinéfil. 16h. La Fille du diable.

Henry Decoin est l'un des représentants de ce cinéma de la «qualité française» que François Truffaut et les auteurs de la Nouvelle Vague détestaient. Avec le temps, on sait enfin faire la part entre l'académisme occasionnel et le talent. Decoin est à l'aise dans les thrillers et les séries noires dont il restitue bien l'atmosphère. Fille du diable est à la fois une histoire policière et un film poétique, avec des traces persistantes d'expressionnisme. Tournée en 1946, c'est une fable qui brode sur l'idée d'identité et de dédoublement.

Dans la foule agitée, des projecteurs traquent un fugitif. Les policiers casqués tirent dans tous les sens. Dans un coin, en plein milieu de l'action, un journaliste écrit son article sur Saget, le bandit le plus recherché de France, celui qu'on n'arrive jamais à arrêter. On le voit qui se sauve par les fenêtres: c'est Pierre Fresnay qui prête sa mince silhouette au gangster agile.

Pendant ce temps, une voiture file dans la nuit. Son conducteur, qui parle tout seul, est Ludovic Mercier, un Français qui revient d'Amérique où il a fait fortune. Il recueille Saget sur la route et il a un accident dans lequel il trouve la mort. Saget jette alors le cadavre dans une rivière après lui avoir subtilisé ses papiers. Il se réveille sur une table d'opération, dans la clinique d'un docteur joué par Fernand Ledoux. Dorénavant, il est pour tout le monde Ludovic Mercier, l'enfant du village qui est de retour.

Comme Ludovic est parti derpuis vingt-cinq ans, sa tante le «reconnaît». Le docteur tient Saget à sa merci car il a retiré une balle de son épaule et connaît son identité. Il l'oblige à dépenser des fortunes pour l'aider à construire un labo qui fera des recherches sur la tuberculose. Pendant ce temps, la sauvageonne Isabelle (Andrée Clément) casse les vitres et maudit tous les habitants du village en proclamant partout qu'elle est le diable.

L'histoire prend un tour curieux quand le faux Ludovic Mercier se rend compte que la jeune fille est amoureuse de l'insaisissable bandit Saget. Il essaye de la raisonner, mais rien n'y fait. Dénoncé à la police par Isabelle, Saget préfère se rendre plutôt que de continuer éternellement à fuir.

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog