quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 18h30. Jules César

16/11/1995 à 10h12

SKORECKI Louis

On connaît l'échec commercial de Cléopâtre. Sur ses qualités artistiques, la discussion est vive, certains y voyant le chef-d'oeuvre maudit de Mankiewicz, d'autres le considérant comme un ratage pur et simple. Mais Mankiewicz avait déjà abordé le sujet avec Jules César, adapté, en 1953, de la pièce de Shakespeare, et qui est une oeuvre magnifique et accomplie, sur laquelle tous les critiques sont d'accord.

Le film commence par une citation de Plutarque qui situe l'action: vainqueur de Pompée dans la guerre civile, César, de retour à Rome, fut élu consul une quatrième fois puis dictateur à vie. Il devint ainsi odieux aux esprits modérés par excès des titres et des pouvoirs accumulés sur sa tête.

Nous sommes à Rome en 44 avant Jésus-Christ. Un devin aveugle s'approche de César (Louis Calhern) et lui dit de se méfier des ides de mars. Il répète sa prophétie, tandis que Cassius (John Gielgud) essaie de convaincre Brutus (James Mason) de la vraie nature de César. Marc-Antoine (Marlon Brando, plus sexy et félin que jamais), s'approche de César, qui lui confie qu'il redoute le maigre Cassius.

On fait aussi connaissance avec Casca (Edmund O'Brien), un être rongé par la peur, mais qui fait volontiers le messager entre les membres de la conspiration qui se prépare. Brutus ne trouve pas le sommeil, harcelé par les plans de Cassius pour tuer César. De tous les conjurés, il est le plus proche de celui qu'ils veulent tuer pour éviter à Rome la tyrannie d'un seul homme.

Portia (Deborah Kerr) essaie en vain de convaincre son mari, Brutus, de se confier à elle. Quant à Calpurnia (Greer Garson), la femme de César, elle essaie sans succès de l'empêcher de se rendre au Capitole, car elle a fait un cauchemar. Comme convenu, Casca et les autres poignardent Jules César, qui se traîne, ensanglanté, aux pieds du fidèle Brutus. Et Brutus lui aussi poignarde César, qui agonise: «Même toi, Brutus; alors César peut tomber.» Marc-Antoine fait semblant d'approuver les conjurés avant de se lancer dans un vibrant éloge de Jules César sur son cadavre. Il retourne la population, qui quelques instants plus tôt avait approuvé le meurtre. Dans ce monologue, Marlon Brando est génial de douceur virile. Bientôt, ce sera la guerre entre les deux camps.

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