quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 19h05. Teenage Millionnaire.

Par Louis SKORECKI — 26 mars 1996 à 02:14

Ciné Cinéfil. 19h05. Teenage Millionnaire.

Inconnu des dictionnaires, Lawrence F. Doheny réalise, en 1961, ce curieux film de série Z, Teenage Millionaire. Le prétexte en est simple: un jeune homme riche perd ses parents dans un accident d'avion et décide de consacrer son temps au rock'n'roll. Sa tante, qui s'occupe de lui, est jouée par Zasu Pitts, l'héroïne des Rapaces d'Eric von Stroheim. Il a aussi une sorte de complice garde du corps interprété par le boxeur Rocky Graziano. Quant au teenager lui-même, c'est le sweet swingin' Jimmy Clanton qui lui prête ses traits.

Une Rolls. Une piscine. Un jeune homme plonge. Quant il sort, on reconnaît le teenager Jimmy Clanton, autrement dit «Bobby», qui saisit une guitare et fredonne: «I'm so in love/ I don't know what to do», avec des faux airs de Paul Anka. Comme son garde du corps, Rocky, s'est endormi, Bobby le fait tomber à l'eau. Puis Rocky demande à la tante de le laisser emmener Bobby à un match de boxe. Elle refuse. C'est alors que Bobby met un disque sur le pick-up. Miracle, l'image devient bleutée et le Bill Black's Combo apparaît pour un instrumental chaloupé. On comprend alors le principe du film: dès que quelqu'un veut écouter de la musique, l'image se colore (ils appellent ça le musicolor) et le chanteur apparaît dans une sorte de Scopitone primaire en monochrome rose, violet ou vert. C'est une trouvaille d'une pauvreté hallucinante qui rappelle les verres colorés qu'on mettait devant sa télé pour recréer une sorte de couleur primaire illusoire. C'est aussi la première fois qu'on voit de la couleur, sous une forme abâtardie certes, sur Ciné Cinéfil.

L'ébauche de scénario raconte les amours de Rocky et d'Adrienne (Joan Tabor) et celles de Bobby et de Bambi (Diane Jergens), une blondinette toute jeune. Bobby enregistre un disque, Green Light, et comme il est disc-jockey sur une radio que possède sa tante, il le passe à l'antenne. Succès immédiat. Alors qu'on recherche la vedette mystérieuse et anonyme, les morceaux colorés défilent à l'écran: Jackie Wilson chante Don't Try to Change Me de sa voix aiguë, tout coloré en rose. Puis c'est Dion («I don't want to be/ Another somebody/ Nobody wants»), Chubby Checker, Marv Johnson et quelques autres. Happy end surprise quand Jimmy apprend qu'il est appelé à l'armée.

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog