quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil, 20h30. Adhémar (ou le jouet de la fatalité).

Par Louis SKORECKI — 18 janvier 1996 à 23:47

Ciné Cinéfil, 20h30. Adhémar (ou le jouet de la fatalité).

Ce film pose une question en particulier: doit-on le ranger parmi les oeuvres de Sacha Guitry ou celles de Fernandel? Ecrit par Guitry, Adhémar (ou le Jouet de la fatalité) est en effet réalisé par Fernandel lui-même en 1951. Le film a le style du maître et les mimiques du comédien, ce qui lui donne une drôle d'allure, comme si Fernandel s'était mis à la place de Guitry pour transformer sa pièce.

L'histoire commence par un conseil d'administration. Il y est question d'une nouvelle fondation réservée aux gens que leur laideur empêche de vivre une vie normale. Le président en est un banquier célèbre dont presque personne ne connaît le visage. Quand il vient présider la réunion, on comprend que c'est son grand nez qui le fait fuir le monde qui se moquerait de lui. En plus, il est sourd, ce qui le rend plus comique encore. La fondation se doit donc de recueillir les laids dans une immense propriété réservée à cet effet.

On assiste ensuite à la procession des candidats à cet hospice d'un jour nouveau. Un homme se présente, qui affirme qu'il a une tête de cocu. Où qu'il aille, il est pris pour tel. Il est refusé dans un premier temps, mais le psychologue du jury d'admission insiste pour qu'on l'accepte. La candidate suivante est affectée de tics irrépressibles. On l'admet. C'est alors qu'arrive Adhémar, autrement dit Fernandel. Il affirme qu'il est le jouet de la fatalité car il provoque le rire involontairement. Dès qu'il fait la moindre mimique, effectivement, le jury éclate de rire. Adhémar raconte donc sa vie, notant au passage que sa mère aurait eu peur d'un cheval pendant sa grossesse. En classe, il fait rire. Au service militaire aussi. Son meilleur ami, joué par Andrex, essaie de lui trouver des métiers adéquats. Croquemort, il fait s'écrouler de rire toute l'assistance. Souffleur, il fait marrer les acteurs. Il est engagé par la femme la plus riche du monde car il est le sosie de son défunt mari. Mais cette fois-ci, il ne réussit plus à la faire rire comme le faisait le mari. D'autres boulots suivront. Il échouera toujours. Admis à l'institution, le voilà qui rit des autres. Il est chassé et finit dans un cirque où il chante que le rire est un instant divin.

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog