quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 20h30. Deburau.

Par Louis SKORECKI — 29 avril 1996 à 03:34

Ciné Cinéfil. 20h30. Deburau.

Sacha Guitry a déjà 65 ans quand il tourne Deburau en 1950. Cela fait donc quinze ans qu'il a commencé à tourner des films, parmi lesquels on retiendra quelques chefs-d'oeuvre, le Roman d'un tricheur (1936), Désiré (1937), Quadrille (1937), le Destin fabuleux de Désirée Clary (1941), la Malibran (1943), le Diable boîteux (1948). Dans l'oeuvre qu'il lui reste à accomplir, deux films magnifiques se détacheront encore, la Poison (1951) et la Vie d'un honnête homme (1952).

Deburau est une évocation mélancolique de la vieillesse du grand mime du XIXe siècle qu'incarna Jean-Louis Barrault dans les Enfants du paradis de Marcel Carné. Le film commence par une de ces descriptions amusantes de l'équipe dont Guitry a le secret. Il présente ses techniciens, ses musiciens, ses acteurs, en nous emmenant pour une visite guidée d'un studio de cinéma. Dans le prologue et le premier acte, une fenêtre s'ouvre qui donne sur le théâtre des Funambules. On applaudit un mime qui a le costume familier de Pierrot. C'est Sacha Guitry qui joue le rôle du créateur de ce personnage, Gaspard Deburau. Dans cette adaptation fidèle d'une pièce en vers de l'auteur, Guitry réussit le prodige de ne jamais montrer Deburau dans son métier de mime. Suprême élégance de la part d'un cinéaste qui n'en fut jamais avare.

Deburau est en pleine gloire, le public le fête, les recettes sont exceptionnelles. Dans le hall du théâtre, quelques acteurs attendent la sortie du mime. Il arrive enfin, superbe, coiffé d'un élégant haut de forme. Il se débarrasse d'une admiratrice en lui montrant un médaillon avec le portrait de sa femme. Mais il ne résiste pas aux compliments de Marie Duplessis (Lana Marconi). Au deuxième acte, on assiste aux amours de Deburau et Marie. Le mime n'est pas rentré chez lui depuis huit jours. Mais Marie confie à une diseuse de bonne aventure (Jeanne Fusier-Gir) qu'elle ne l'a aimé que deux jours.

Au troisième acte, Deburau vieilli et malade ne mange plus. Cela fait sept ans qu'il attend en vain une visite de Marie. Elle vient pour le faire examiner par un médecin. Au dernier acte, Deburau, maladroit, est sifflé par son public. Il confie ses secrets à son fils Charles qui va le remplacer sur scène.

Louis SKORECKI

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