quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 20h30. Don't Worry. Harmon Jones.

Par Louis SKORECKI — 5 juin 1996 à 07:21

Ciné Cinéfil. 20h30. Don't Worry. Harmon Jones.

Harmon Jones est un cinéaste obscur qui fit toute sa carrière dans la série B. Né en 1911 au Canada, il s'exile à Hollywood où il devient monteur à la Fox. Entre 1951 et 1966, il tourne une vingtaine de films sympathiques, quelques westerns musclés (Silver Whip), quelques films d'horreur (Gorilla at Large), réussissant à boucler ces oeuvres avec des budgets dérisoires et en quelques jours seulement. Il fera la joie des amateurs de films fauchés des années cinquante. Il laisse un film méconnu, Target Zero, d'une cruauté tout à fait étonnante.

Don't Worry, We'll Think of a Title est en 1966 une comédie bizarre qui joue sur l'absurde et le non-sens de façon répétitive et hargneuse, un peu à la manière d'une parodie minable des Marx Brothers. Le héros est un certain Charlie, serveur de restaurant maladroit, joué par un comique qui n'a pas laissé de souvenir impérissable dans nos mémoires, Morey Amsterdam. Quand le film commence, Charlie vérifie qu'un poulet est bien rôti et un poulet vivant s'envole devant lui. Puis il envoie malencontreusement un steak sur le crâne chauve de son patron, monsieur Travers.

Une cliente s'installe au comptoir. Exemple de gag: elle demande ce qui a l'air bon et Charlie lui répond: «Le mec qui fait la plonge, il vient de prendre un bain.» Soudain, nous sommes transportés dans le décor d'une émission de télé minable où des espions soviétiques recherchent un certain Yasha Nudnik, cosmonaute russe qui aurait décidé de passer à l'Ouest. Et Charlie n'est autre que le sosie du cosmonaute en fuite. Dès lors, il sera surveillé à la fois par les services secrets américains et soviétiques, dans un ballet maladroit semé de plaisanteries qui tombent à l'eau.

Charlie est renvoyé du restaurant et il trouve du travail dans la librairie de Magda Anders (January Jones). Des espions n'arrêtent pas d'entrer et de sortir. Une fille, Olga (Carmen Philips), se sert de ses lunettes noires comme d'un micro émetteur. Une Française pose des questions incongrues, sous-titrées en caractères chinois géants. Puis le film s'arrête soudain, en plein milieu de son intrigue débile, proclamant qu'il ne faut pas révéler la fin. Et c'est la fin!

Louis SKORECKI

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