quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil, 20h30. J'accuse

Par Louis SKORECKI — 4 janvier 1996 à 00:19

Ciné Cinéfil, 20h30. J'accuse

En 1938, Abel Gance réalise un remake de sa version muette de J'accuse pour essayer d'empêcher la nouvelle guerre qui se prépare. Ce cinéaste visionnaire, auteur d'une oeuvre qui comporte des films très divers, annonce que c'est la fondation universelle et les quatre millions de mutilés qui présentent son film. Sans réussir à échapper à l'emphase, Gance fait de J'accuse un hymne vibrant aux morts de la Première Guerre mondiale, qu'il convoque pour résister à la Seconde.

C'est par un symbole que le film commence. Jean Diaz, joué par un Victor Francen théâtral mais vraiment habité par son rôle, trouve une colombe morte. Il l'enterre tandis que la caméra s'attarde sur un christ tombé à terre, tête la première. Les bombes tombent sur des paysages en ruine, on est sur le front de la guerre de 1914-1918, près de Verdun. Jean Diaz, qui est un rescapé miraculeux d'une brigade exterminée, est un homme ardent qui se trouve dans une situation presque mélodramatique: il est en effet amoureux d'Edith, la femme de son ami François, qui le sait et en souffre. Dans une symphonie d'explosions, une femme chante pour les soldats.

On va envoyer une patrouille pour une mission suicide. François, qui doit partir, donne des lettres à Jean Diaz pour sa femme et lui fait promettre qu'elle ne sera jamais sa maîtresse. Mais Jean Diaz décide de partir aussi pour permettre à un père de quatre enfants d'avoir la vie sauve. Au retour de sa mission, on croit Jean Diaz mort mais une plainte s'échappe de son lit et on le trouve vivant.

Les années passent, pendant lesquelles Jean Diaz se partage entre un amour platonique pour Edith et un amour réel pour sa fille, Hélène. Mais toute son énergie passe dans ses recherches secrètes dont il ne parle à personne. En fait, il essaye de communiquer avec les morts par des tranchées et des couloirs qu'on ne voit jamais. En 1936, il a une crise et perd la vue. Edith veille sur lui. Il en sort par miracle, les cheveux soudain devenus tout blancs et s'attelle à sa mission: convoquer les morts pour empêcher les vivants de refaire la guerre.

Toute la fin du film est le retour des hordes de mutilés et de morts qui sortent de leurs tombeaux à l'appel de Diaz. Le monde en est terrifié et signe la paix mondiale.

Louis SKORECKI

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