quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 20h30. Le Grondement de la montagne. Mikio Naruse.

Par Louis SKORECKI — 14 mai 1996 à 05:39

Ciné Cinéfil. 20h30.

Moins connu que Mizoguchi ou Ozu, Mikio Naruse n'en demeure pas moins l'un des plus grands cinéastes japonais du siècle. Né en 1905, il connaît une enfance misérable. Sa vie conjugale malheureuse inspirera plus tard certains de ses scénarios. Il tourne, entre 1930 et 1966, une série de films au pessimisme lyrique, parcourus par une espèce de sombre amertume. Govaers a écrit de lui qu'il avait «le sourire de l'homme qui souffre». Il traite de l'amour qui se heurte aux préjugés (Coeur troublé), de la place de la femme dans la société (Une femme monte les escaliers), de la vie familiale dans laquelle l'homme brille par son égoïsme (Une vie de femme).

Le Grondement de la montagne est, en 1954, la triste histoire de deux couples qui se déchirent. M. Ogato (Ken Uehara) vit dans la banlieue de Tokyo avec sa femme imperturbable, Yasuko, son fils Shuichi et sa belle-fille Kukiko (Setsuko Hara). Dès le début du film, alors qu'Ogato fait admirer un tournesol à Kukiko, on sent que le vieil homme est très proche de sa belle-fille. Il se plaint de son cerveau qui ne fonctionne plus aussi bien et rêve de le faire rénover. Après avoir demandé un verre d'eau sucrée à Kukiko, Ogata lui offre des ormeaux pour le dîner. Comme il y a déjà des homards, c'est un festin.

Le lendemain, alors qu'ils prennent ensemble le train pour Tokyo, Ogata demande à Shuichi pourquoi il rentre tard et néglige Kukiko. Le fils admet qu'il a une maîtresse. Pour décrire son amour, Shuichi dit que «l'une est un lac, l'autre est un torrent». Pendant ce temps, la fille d'Ogata, Fusako, quitte son mari et se réfugie chez ses parents. Les deux couples se déchirent devant les yeux du vieil homme. Quand il apprend que Kukiko s'est fait avorter, il sombre dans une terrible dépression.

Par petites touches sèches, par des scènes mélancoliques et lentes, on voit la dégradation de l'amour entre Shuichi et Kukiko. Ogata essaie d'éloigner la maîtresse de son fils, mais, malgré sa promesse de ne plus la revoir, Kukiko quitte peu à peu son mari. Le film insiste sur l'amour d'un vieil homme pour sa belle-fille. Dans l'histoire, le vrai couple, c'est celui-là.

Louis SKORECKI

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