quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil, 20h30. Les casse-pieds.

Par Louis SKORECKI — 18 juin 1996 à 06:46

Ciné Cinéfil, 20h30. Les casse-pieds.

Nous avons affaire ici à un film a deux auteurs. Le cinéaste, bien sûr, Jean Dréville, né en 1906, successivement dessinateur, affichiste, photographe et critique de cinéma. Il commence sa carrière de réalisateur, en 1929, avec un formidable documentaire, Autour de l'argent, qui restitue bien l'ambiance et l'importance du film de L'Herbier. Il tournera jusqu'en 1966 des films inégaux. On peut retenir le Joueur d'échecs avec Conrad Veidt, Les affaires sont les affaires, d'après Octave Mirbeau, Copie conforme, avec un double rôle pour Louis Jouvet, et la Sentinelle endormie, sur un complot imaginaire contre Napoléon.

L'autre auteur du film est Noël-Noël, il en est la vedette et a écrit le sujet et des dialogues. Il crée le personnage très populaire d'Ademaï, mélange inédit de naïf et de bon sens. Sa carrière, qui court de 1930 à 1965, propulse au-devant de la scène son profil humoristique de français moyen, quelque part entre Guitry et Tati.

Les Casse-pieds, que Ciné Cinéfil diffuse sous son titre alternatif, Parade du temps perdu, est, en 1948, le plus grand succès de Noël-Noël. Gratifié du prix Louis-Delluc, c'est un mélange invraisemblable de comique de situation et de conférence sur les travers des Français. Se référant aux oeuvres de Molière, Noël-Noël décide de faire une conférence sur les fâcheux, c'est-à-dire les raseurs. Il utilise des photos qui s'animent, des ombres chinoises, un poste de télé, un théâtre de guignol, un tableau «radiocatif» de démonstration et bien sûr des sketches de cinéma.

Après avoir annoncé que nous ingurgitions du rasoir, du fâcheux et du casse-pieds, ce qui diminue notre vie comme le fait le café, on voit d'abord des marionnettes qui ne referment pas la porte de l'ascenseur, une personne en ombre chinoise qui monopolise un téléphone public, une femme qui conduit comme une pantoufle. Noël-Noël est la victime de différents raseurs, le bavard, celui qui s'impose, le blagueur, et il réussit en stylisant chacun de ces casse-pieds avec l'aide de Bernard Blier et de Jean Tissier à nous faire rire de nos travers quotidiens.

Louis SKORECKI

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