quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 21h45. Le diable s'en mêle.

Par Louis SKORECKI — 15 février 1996 à 01:16

Ciné Cinéfil. 21h45. Le diable s'en mêle.

Malgré une longue filmographie qui le voit passer des Marx Brothers au mélodrame sans hésiter, Sam Wood n'est guère connu ni apprécié. Le Diable s'en mêle (The Devil and Miss Jones), qu'il réalise en 1941, devrait servir de base à une réévaluation de son talent. C'est une formidable comédie sociale qui tient à la fois de Lubitsch et de Capra, mise en scène avec un art très vif de la vérité documentaire très rare dans ces années-là. Beaucoup de scènes sont tournées en décor naturel et leur réalisme vient se mêler au ton ironique du film, pour un résultat d'un modernisme saisissant.

Filmés à hauteur de portière, on voit plusieurs hommes importants descendre de luxueuses voitures. Ils attendent un homme qui semble encore plus important qu'eux. L'ambiance est tendue. Une manchette de journal annonce que l'homme le plus riche du monde a été pendu en effigie devant un de ses magasins. Le voici justement qui arrive, furieux, et tout le monde l'appelle respectueusement J.P. C'est le milliardaire John P. Merrick, joué avec férocité par un acteur rubicond qu'on voit généralement dans des rôles plus légers, Charles Coburn. Il décide de prendre l'identité du détective Thomas Higgins, déguisé en vendeur de chaussures dans son propre magasin.

Quand il arrive au département chaussures, J.P. est reçu par le chef du personnel, le tyranique Mr Hooper (Edmund Gwen) et une jeune vendeuse compatissante, Mary Jones (Jean Arthur), le guide dans son domaine et lui apprend le métier. Avec son petit ami Joe O'Brien (Robert Cummings), celui-là même qui avait pendu l'effigie du grand patron, Mary emmène J.P. sur la plage de Coney Island. Une autre vendeuse, Elizabeth (Spring Byington), qui s'est prise d'amitié pour J.P. et lui cuisine des petits pâtés au thon, est là aussi. Dans la foule de Coney Island, J.P. découvre le monde tel qu'il ne le connaissait pas et il commence à changer. Dans une séquence digne de Capra, Joe délivre J.P. qui s'était fait embarquer par les flics en récitant un discours d'Abraham Lincoln. On est à la fois dans l'utopie et dans le cinéma vérité. J.P. comprendra enfin ses ouvriers, épousera Elisabeth et tout ce beau monde partira pour Honolulu dans un happy end trop beau pour être vrai.

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog