quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 21h50. La Femme aux cigarettes.

Par Louis SKORECKI — 15 mai 1996 à 05:35

Ciné Cinéfil. 21h50. La Femme aux cigarettes.

Jean Negulesco est d'abord peintre dans son pays natal, la Roumanie. Né en 1900, il vient à New York, en 1927, pour une exposition de peinture et reste en Amérique pour y faire du cinéma. Longtemps scénariste ou assistant, il devient metteur en scène en 1941, et tournera des films inégaux mais jamais inintéressants jusqu'en 1970. Engagé d'abord à la Warner, il lance le couple Peter Lorre-Sydney Greenstreet dans le remarquable Masque de Dimitrios qui raconte la quête d'un écrivain minable pour retrouver la trace d'un escroc dde génie. Il reprend ce couple d'acteurs dans The Conspirators, une histoire d'espionnage avec Victor Francen. Il signe aussi un magnifique mélodrame, Humoresque, avec Joan Crawford et John Garfield.

Quand il passe à la Fox, la qualité de ses films baissent sensiblement, mais il dirige Marilyn Monroe dans How to Marry a Millionaire, tourne le passionnant Johnny Belinda, qui raconte le viol d'une sourde-muette, réalise un remake spectaculaire de la Mousson de Clarence Brown et nous amuse avec le pétillant Daddy Long Legs, avec Leslie Caron et Fred Astaire.

La Femme aux cigarettes (Roadhouse) est, en 1948, l'un des chefs-d'oeuvre que Negulesco réalise pour la Fox. C'est un thriller nocturne et fiévreux, qui se double d'une histoire d'amour et de jalousie terrible. Une jeune femme fait une réussite dans une de ces auberges de nuit qui bordent la route. Elle attend le patron, Jefty, pour un engagement. Elle s'appelle Lily Stevens et arrive de Chicago. Ida Lupino lui prête son mince visage inquiet et son corps nerveux. Le gérant, Pete Morgan, joué tout en muscles par le placide Cornel Wilde, se méfie de la nouvelle arrivante. Quant à Suzy (Celeste Holm), elle surveille de loin les événements de ce soir pas comme les autres. Jefty arrive enfin. C'est un Richard Widmark génial qui lui donne ses airs de gouape satisfaite.

Quand Lily chante One for My Baby and One More for the Road, la voix éraillée d'Ida Lupino met la fièvre dans l'auberge. Elle brûle le piano avec les cigarettes qu'elle n'arrête pas de fumer. Jefty et Pete se battront à mort pour l'amour de cette chanteuse envoûtante, dont les ballades sensuelles rythment le film.

Louis SKORECKI

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