quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 21h50. Le Septième Sceau.

Par Louis SKORECKI — 24 janvier 1996 à 23:32

Ciné Cinéfil. 21h50. Le Septième Sceau.

Le cinéma d'auteur n'existait pas encore dans les années 50. Plus précisément, c'est dans ces années-là que des journalistes français en inventèrent le concept, qui consistait à attribuer à certains metteurs en scène commerciaux, ceux d'Hollywood en particulier, la possibilité de distiller dans leurs oeuvres des thèmes et une approche esthétique qui faisaient d'eux des auteurs. Les plus célèbres à accéder à ce statut furent Hawks et Hitchcock, généreusement méprisés avant cette date. Ingmar Bergman était avec Federico Fellini la vedette de ce qu'on appelait le cinéma d'art et d'essai qui préexistait au cinéma d'auteur. Mais c'est tout naturellement que la plupart des critiques les rangèrent généreusement au rang d'auteurs: Godard, en particulier, vouait un véritable culte à Bergman.

Le Septième Sceau (Det Sjunde Inseglet), qui remporta le prix spécial du jury au Festival de Cannes, est en 1957 le film de Bergman qui le propulse à la gloire internationale. Sa stylisation sévère et son esthétisme rigoureux le distinguent d'emblée des films ordinaires. Situé au XIVe siècle, il évite les pièges des oeuvres à costumes en se contentant de vêtements plus symboliques que réalistes. D'emblée, il montre des cieux lourds de nuages et se réfère à la légende de l'agneau qui ouvre le septième sceau, ce qui entraîne un silence de près d'une demi-heure avant que sept anges ne se mettent à sonner de la trompette.

Max Von Sydow interprète un chevalier qui rencontre la Mort sur une plage et lui propose une partie d'échecs pour reculer l'échéance. Le visage plâtreux accepte. C'est le retour des Croisades, la peste fait des ravages, les chrétiens se posent des questions. On suit Max Von Sydow et son écuyer (Gunnar Bjornstrand) dont le scepticisme contraste avec la foi de son maître. Ils sont comme les Don Quichotte et Sancho Pança d'une légende médiévale.

Nos deux héros voyagent avec un groupe de bateleurs qui se donne en spectacle sur les routes. Pendant qu'on brûle de pseudo-sorcières, les processions défilent sur les routes. On fuit la peste et Maw Von Sydow essaye de savoir ce qu'il y a après la mort. Mais la Mort elle-même ne le sait pas.

Louis SKORECKI

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