quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 21h55. Easy living.

Par Louis SKORECKI — 20 mars 1996 à 02:29

Ciné Cinéfil. 21h55. Easy living.

Jacques Tourneur raconte dans l'une de ses rares interviews qu'il a hésité entre aller vivre et travailler aux États-Unis ou en URSS. Heureusement pour nous, il choisit l'Amérique où son talent rare et longtemps méconnu trouva le terreau idéal où s'épanouir. Tourneur ne fut aimé que de quelques petits groupes d'adorateurs du temps de son vivant, et il termina sa vie en France, se contentant de sa maigre retraite de la Guilde des réalisateurs américains. Aujourd'hui, on a enfin reconnu à ses films fantastiques et à ses polars le statut de chefs-d'oeuvre: ce sont d'étranges météores qui brillent dans le ciel du cinéma américain pour toujours.

Easy Living (La vie est un jeu) est en 1949 un drôle de mélodrame documentaire sur le monde des sportifs américains. Il commence par un petit déjeuner chez Penny et Tim McCarr (Sonny Tufts). Pete Wilson (Victor Mature) s'invite chez le couple et remarque que Penny a grossi. Pas étonnant: elle accouche dans six mois. Tim et Pete sont deux joueurs de football américains professionnels. Lenahan (Llyod Nolan) est le patron de l'équipe, et quand il vire un joueur, c'est sans ménagement. Pete entame sa troisième saison avec les Chiefs, et c'est une vedette que vient photographier un photographe d'agence (Paul Stewart). Tourneur filme avec une pudeur documentaire l'entraînement et un curieux malaise qui permet à son adversaire de mettre trop facilement Pete Wilson KO.

Dans la vie de Pete, il y a deux femmes: son épouse Liza (Lizabeth Scott) et la secrétaire de Lenahan, Anne (Lucille Ball). Liza est volage et mondaine, Anne est attentive et cache son amour pour Pete. Celui-ci attend longtemps avant d'aller consulter un médecin. Le verdict est sans appel: atteint d'une maladie de coeur, le champion risque sa vie s'il continue à jouer à ce sport trop violent pour lui. Pour compliquer les choses, Lenahan ne lui confie pas le poste d'entraîneur sur lequel il comptait, il le donne à Tim.

Tourneur ne dramatise pas les choses, il montre avec une belle modestie la lutte de Pete pour accepter sa maladie et s'arrêter de jouer. Jusqu'au dernier instant, Pete croit qu'il doit jouer. Il change d'avis et retrouve l'amour de sa femme dans une fin sèche et admirable.

Louis SKORECKI

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