quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil. 21h55. La Ligne de démarcation.

21/11/1995 à 10h03

SKORECKI Louis

On sait combien la carrière de Claude Chabrol est irrégulière. Dans ses débuts, il est beaucoup plus consistant, élaborant une oeuvre au vitriol d'un anarchisme ravageur. Plus tard, il dispensera un peu partout son talent, réussissant, au mieux, un film sur trois. La Ligne de démarcation, que Chabrol signe en 1966 d'après un scénario du colonel Rémy, marque le début des oeuvres alimentaires, mais le film a encore la bonne tenue des premières expériences cinématographiques.

Un carton rappelle qu'après la défaite de 1940, la France est coupée en deux par une frontière artificielle nommée ligne de démarcation. Et le film est dédié aux nombreux passeurs qui trouvèrent la mort en essayant de faire passer de l'autre côté des Juifs et des hommes recherchés. Dès les premières images, on suit d'ailleurs un passeur et son passager sur une rivière en un long panoramique qui aboutit au mitraillage des deux hommes par les Allemands. L'action se situe donc dans un village sous contrôle allemand, à deux pas de la ligne de démarcation qui passe au-delà du pont.

La présentation des personnages est rapide. Il y a d'abord madame la comtesse, une Anglaise qu'interprète Jean Seberg, et son mari qui rentre en boitant de la guerre, monsieur le comte (Maurice Ronet). Le docteur du coin est joué par Daniel Gélin et sa femme par Stéphane Audran. A part Maurice Ronet qui est pessimiste sur les chances de victoire française et qui serait plutôt une sorte de pétainiste cynique, tout le village est pratiquement composé de résistants gaullistes. Vision idyllique que vient seulement briser un personnage d'interprète qui est à la botte des Allemands.

Deux hommes sont parachutés sur le village pour installer une radio clandestine. Parmi eux le tout jeune Jacques Perrin, qui trouve refuge chez le docteur. Maintenant, tous les soldats allemands aidés par deux SS recherchent activement Jacques Perrin dans toute la région. On le déménage de maison en maison, en passant par celle de l'instituteur (Jean Yanne). La brouille entre Jean Seberg et Maurice Ronet est totale, celui-ci allant jusqu'à considérer les résistants comme des criminels. Dans cette sombre bataille, plusieurs personnages trouveront la mort et Ronet se rachètera par une fin héroïque.

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