quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Ciné Cinéfil, 22h15. Shock Corridor.

Par Louis SKORECKI — 8 janvier 1996 à 00:11

Ciné Cinéfil, 22h15. Shock Corridor.

Samuel Fuller est un cinéaste très personnel dont la découverte se fit en France. Ignoré à Hollywood où il menait cependant une originale carrière de scénariste-cinéaste-producteur, il s'est essayé avec succès au western, au film de gangsters, y mettant toujours sa touche de folie et de délire. Avant de venir s'installer définitivement à Paris, il signe deux films en noir et blanc très provocateurs; Naked Kiss et Shock Corridor (1963) qui rappellent souvent l'esprit frondeur de certains films muets expérimentaux, ceux d'Abel Gance en particulier.

Le film commence par une citation d'Euripide: «Celui que Dieu veut détruire, il le rend d'abord fou.» L'écran est percé d'un trou, comme les ouvertures à l'iris du muet, et une voix off chuchote que le nom du héros est Johnny Barrett, journaliste au Daily Globe. «Ceci est mon histoire», dit la voix. Puis on voit Johnny, joué par Peter Breck, en conférence avec un psychiatre d'origine chinoise qui l'interroge sur ses rapports avec sa soeur. On comprend que, depuis un an, le médecin lui apprend à répondre à des questions de spécialistes: il doit avoir l'air fou.

Johnny Barrett compte bien obtenir le prix Pullitzer pour son reportage sur un mystérieux assassinat qui a eu lieu chez les fous. Son amie Cathy (Constance Towers), qui fait un strip tease dans une boîte du coin, accepte à contre-coeur de jouer le rôle de la soeur de Johnny et de prétendre qu'il l'a souvent agressée sexuellement. Tout se passe comme prévu: elle porte plainte, il est arrêté, un psychiatre l'interroge. Sa voix off intérieure commente les questions du psy. Il hurle le nom de Cathy.

Enfermé dans l'asile, il se murmure à lui-même: «J'ai réussi, j'y suis entré», pendant qu'une surimpression de Cathy en minuscule figure de strip teaseuse vient gratter contre son oreille. Le faux fou interroge successivement trois malades, Stuart (James Best) qui se croit au temps de la guerre de Sécession, Trent (Hari Rodes), un noir qui se prend pour un raciste blanc, et Boden (Gene Evans), un physicien génial retombé en enfance. Johnny apprendra le nom du tueur mais il y laissera sa raison.

Louis SKORECKI

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