segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Comédies, westerns, mélos, drames...

LOUIS SKORECKI 2 AOÛT 2002 À 00:34

Dwan a jonglé avec les genres. Quarante exemples à Locarno.

Des deux ou trois cents films d'Allan Dwan (1885-1981), Locarno en présente quarante. On peut discuter tel ou tel choix (disons que les films des années cinquante, sublimes de simplicité rustique et de tragique minimal, ne sont peut-être pas assez représentés), mais le simple parcours chronologique de cette sélection donne le vertige. Des films presque inconnus, souvent jamais vus depuis plus de soixante-dix ans, dénichés dans des collections privées aux quatre coins du monde, on retiendra particulièrement les oeuvres rarissimes des années dix, dont les titres disent assez bien à quel point Dwan jonglait entre les genres, de la comédie au western, en passant par le mélo ou le drame familial. The Western Dreamer (1911), Distant Relative (1912), Cupid Through Padlocks (1913), That Sharp Note (1915), Manhattan Madness (1916), A Modern Musketeer (1917), He Comes Up Smiling (1918), autant de titres qu'aucun cinéphile ne peut se vanter d'avoir vus avant cette superbe rétrospective.

Le célèbre Robin des Bois (1922), superproduction United Artist, est représentatif de l'harmonie des gestes et des mouvements qui obséda très tôt le jeune Dwan, particulièrement sensible à la grâce physique et féline de son acteur fétiche, Douglas Fairbanks. Le cinéaste n'hésitait pas à construire des décors aux mesures du corps de cet acteur immensément populaire, auquel il recommandait toujours de faire la part entre le simple exploit d'un acteur-cascadeur, qui prend des risques inutiles, tout simplement parce qu'ils ne se voient pas à l'écran, et la gageure consistant à transcrire la pure beauté d'un geste ou d'un saut. Le Masque de fer (1929) a les mêmes qualités visuelles, faites de générosité modeste et de cette passion du mouvement qui a toujours obsédé le sportif Dwan.

Moins de dix ans plus tard, Suez, une autre superbe superproduction, relance en beauté la mode du mélodrame historico orientaliste, grâce à son couple vedette, Tyrone Power/Annabella. Mais ce sont surtout les films tardifs (Cattle Queen of Montana, 1954, Escape to Burma 1955, Tennessee's Partner, 1955) qu'il ne faut pas rater, tous ces chefs-d'oeuvre RKO produits par Benedict Bogeaus, avec la photographie de l'un des plus grands magiciens hollywoodiens, John Alton. Sans oublier la dernière merveille, en noir et blanc ultrafauché, Most Dangerous Man Alive (1958), qui renvoie 99 % des séries B au purgatoire des films de genre surestimés.

SKORECKI Louis

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