domingo, 23 de agosto de 2015

Comme un torrent

par Louis SKORECKI

Il y a trois périodes dans l'oeuvre de Minnelli. 1943-1951, c'est la période rose : la danse, le bonheur, l'amour. 1952-1958, c'est la période noire, qui va des Ensorcelés (1952) à Qu'est-ce que Maman comprend à l'amour ? (1958). La dernière période, plus mélancolique, c'est celle des mélodrames baroques, intériorisés et expressionnistes à la fois, des films résolument postmodernes, presque postcinéma. Cette période commence avec Comme un torrent (1959) et ne s'achève qu'avec la mort de Minnelli. On regrette qu'il ne se soit pas attardé davantage du côté de ces films énigmatiques du milieu des années cinquante (la Toile d'araignée, Thé et Sympathie), une veine beaucoup plus sombre, qu'il n'aura pas le temps d'approfondir.

- J'ai l'impression que Comme un torrent, c'est une chanson filmée.
- Oui, comme Rio Bravo. Tu as remarqué qu'il y avait Dean Martin dans les deux films ?
- Il y a aussi Sinatra et Shirley McLaine dans Comme un torrent. Hawks et Minnelli, ce n'est pas pareil.
- Qui te dit que c'est pareil ? Ce sont deux films de 1959, c'est tout. 1959, c'est quoi ?
- Je ne sais pas. C'est quatre ans après Hitchcock présente, c'est ça ?
- C'est ça. Le cinéma ne cesse de passer avec armes et bagages à la télévision entre 55 et 59. Sur petit écran, tu découvres le cinéma. Et sur grand écran, tu découvres quoi ?
- Je ne sais pas. Le cinéma filmé ?
- Exactement. Avant que le cinéma ne devienne de la télévision filmée, du téléfilm de luxe, il y a eu quatre ou cinq ans où il est devenu mieux et moins que lui-même. Rio Bravo, Comme un torrent, des trucs comme ça. Du grand cinéma de sortie, endimanché, travesti.
- Du cinéma parodique, alors ?
- Oui. Hawks et Minnelli sont devenus des illusionnistes.
- Des imitateurs ?
- Si tu veux.

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