quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Cop. M6, 22h30.

LOUIS SKORECKI 13 MARS 1997 À 23:23

Soirée faste pour les cinéphiles. Alors qu'Arte ose un Ford inédit et que Paris Première explore Capra (lire article), la petite M6 se singularise avec un étonnant inédit de James B. Harris, ex-scénariste et producteur du très jeune Stanley Kubrick (le Baiser du tueur). Adaptant un très beau roman de James Ellroy, Harris réussit ce qu'il faut bien appeler un grand film décevant. Forcément décevant, comme certains classiques du film noir qui l'ont précédé. C'est d'ailleurs dans cette déception forcée que Harris excelle, évitant les pièges, pourtant presque impossibles à déjouer aujourd'hui, du téléfilm policier dérivé de séries US et du remake maniéré. En racontant l'histoire sombre du sergent Lloyd Hopkins (génial James Woods, coproducteur avisé de ce film), Harris raconte aussi un mariage raté, une fillette éduquée à coup de sales histoires de travelos violés, tout un passé traumatisé qui reflue en vrac. Avec un art rare de l'image nettoyée, lavée de toute arabesque, il s'essaye à la mollesse d'un style pourtant épuré, quasiment vierge de toute musique parasite, se concentrant sur des meurtres rituels, répétitifs, sauvagement méconnus.

Grâce à quelques acteurs étonnants (Lesley Ann Warren en poétesse féministe traumatisée par un viol ancien, Charles Durning en vieux collègue flic rusé, Charles Haid, un ancien de Capitaine Furillo, en shérif rouquin louche), Cop restitue la hantise répétitive du meurtre en série à élucider. On voit à peine «Birdman», un prostitué mâle qui renseigne le shérif compromis, mais son ombre plane sur cette enquête stressée, heureusement exempte des tics impressionnistes post-clip. C'est en fait en grand classique lucide (maniant l'art de la déception avec la mesure des anciens) que Harris traque les amours louches et les passions tenaces de son héros solitaire. Quinze ans de meurtres rituels élucidés (qui rappellent un épisode particulièrement parano et réussi de X-Files sur un assassin qui dévore le foie de ses victimes une fois tous les trente-trois ans), pour un James Woods vérolé, magique, essentiel.

SKORECKI Louis

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