terça-feira, 25 de agosto de 2015

Cop

LOUIS SKORECKI 16 JANVIER 2004 À 22:03

Cinécinéma succès, 21 h.

La différence entre un mort et un vivant, c'est que l'un est mort, l'autre non. C'est la différence entre Stanley Kubrick, né le 26 juillet à New York, et James B. Harris, né lui aussi à New York en 1928, une dizaine de jours après son futur partenaire. Harris et Kubrick ont 25 ans quand ils se rencontrent. Quelques mois plus tard, c'est l'aventure du Baiser du tueur, un premier film attachant, hustonien, expérimental. Suivront les Sentiers de la gloire et Lolita, le seul Kubrick à marier la perversité la plus contemporaine et le classicisme le plus épuré. Les deux associés ont 33 ans, l'âge où d'autres choisissent de partir pour des cieux plus cléments avec un art de la réclame oublié depuis longtemps. Trente-huit ans après Lolita, Kubrick sent une drôle de douleur dans la poitrine. En général, c'est trop tard.

Pendant ce temps-là, James B. Harris tourne. Il tourne peu, mais il tourne. Cop est un grand film dégingandé qui pratique l'art de la dérision comme tant de classiques du film noir qui l'ont précédé. En racontant l'histoire du sergent Lloyd Hopkins (James Woods, coproducteur du film), Harris s'attache surtout à une fillette perdue, éduquée à coup de sales histoires de travelos violés, tout un passé de violences et de traumatismes qui reflue en vrac. Dans ces images délavées, lavées de toute arabesque, Harris s'essaye à la formidable mollesse d'un style dédramatisé, se concentrant sans dramatisation inutile sur quelques meurtres sauvages. Grâce à quelques acteurs étonnants (Lesley Ann Warren, Charles Haid, Charles Durning), Cop restitue sans forcer la hantise répétitive du crime en série. Sur une trame signée James Ellroy, avec James Woods en détective-crooner vérolé, Harris anticipe de cinq ou six ans (le film est de 1987) le meilleur des premiers épisodes de New York Police Blues.

SKORECKI Louis

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