quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Des demi-réussites qui fascinent en général ""Soigne ta droite""

Par Louis SKORECKI — 28 mars 1995 à 01:48

PARIS PREMIERE, 22h25: «Soigne ta droite», un film de Jean-Luc Godard (1987)

Des demi-réussites qui fascinent en général

Depuis une vingtaine d'années, Jean-Luc Godard n'arrête pas de faire sa rentrée. En 1976, il présentait Numéro deux comme le remake vidéo d'A bout de souffle. En 1980, il recommence avec Sauve qui peut (la vie). Depuis ces deux films qui étaient de vraies réussites, Godard se contente de demi-échecs, dans la splendeur (Passion, 1982) ou la provocation (Je vous salue Marie, 1985).

Soigne ta droite (1987) n'est également qu'une demi-réussite. Autant on admire la manière dont il se filme lui-même, dans le rôle d'un cinéaste en crise sorti d'un burlesque américain, autant la fiction a du mal à décoller. «C'est vers la fin du vingtième siècle que le téléphone sonne chez l'idiot»: François Périer récite la voix off d'un ton monocorde. Celui qu'on appelle l'idiot ou le prince, c'est le personnage que joue Godard qui se présente à nous, une bobine sous le bras.

Le film se divise en deux: une fiction dans laquelle apparaissent Jane Birkin (la cigale), Jacques Villeret (la fourmi), Michel Galabru (le producteur) et un reportage sur les Rita Mitsouko. Le reportage est de loin ce que Godard a le mieux réussi. Il s'attarde sur un gros plan fiévreux de Catherine Ringer qu'il filme comme jadis Anna Karina, revient sur Fred Chichin qui essaye un rythme lancinant, attrape en écho d'une chanson quelques mots qui font mouche: «Les histoires d'amour finissent mal en général.» Pendant que l'histoire déroule ses ratés, les Rita Mitsouko chantent pour Godard et pour nous la nostalgie des mots qui ne reviennent jamais deux fois.

Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog