quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Et au milieu coule une rivière.

23/06/1995 à 05h59

SKORECKI Louis

Ciné Cinémas, 21 heures

Quand les acteurs passent derrière la caméra, il est rare que le résultat soit négligeable. Ils apportent souvent un point de vue chaleureux à la mise en scène dont l'exemple le plus glorieux restera longtemps la Nuit du chasseur de Charles Laughton. Quant à Robert Redford, il mène, depuis le très beau Des gens très ordinaires, une passionnante carrière de cinéaste à l'affût des rythmes et des modèles de la vie américaine. Et au milieu coule une rivière, que Redford réalise en 1992, est une histoire lyrique et familiale qui court sur plusieurs générations. Le film entier est un flash-back raconté par un homme dont on ne voit que les mains rugueuses qui manipulent un hameçon. Une voix off explique: «Il y a bien longtemps, quand j'étais jeune, mon père m'a dit: Norman, tu aimes raconter des histoires. J'ai dit: Oui, c'est vrai. Il a dit: Un jour, quand tu seras prêt, tu pourrais raconter l'histoire de notre famille. Alors, tu comprendras ce qui s'est passé. Et pourquoi.». C'est ainsi que le jeune Norman Maclean (Craig Sheffer) entreprend de se souvenir. Avec son frère Paul (Brad Pitt), ils sont initiés à la pêche par leur père pasteur (Tom Skeritt). Toute leur vie, chacun avec ses amours, ses études, son caractère, est envisagée du seul point de vue de la pêche. Quand ils se retrouvent, c'est à chaque fois pour courir attraper les belles truites de la rivière ou de la cascade. On a rarement vu pareille insistance à rapprocher l'existence de la course au poisson et le film se clôt sur les mains du vieux Norman qui va taquiner, après la mort de son frère et de son père, une dernière truite.

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