terça-feira, 25 de agosto de 2015

Femmes caméléons

Cinécinéma frisson, 1 h 10.

Par Louis SKORECKI

jeudi 22 avril 2004 (Liberation - 06:00)

La nouvelle expression à la mode, c'est «cinéphile de trottoir». Ils font le trottoir comme des putes, en attendant de répondre au premier micro-trottoir venu pour l'une de ces émissions qui poussent comme des champignons.

­ Si ça continue, il va y avoir autant de ciné-trottoirs que de trottoirs.

C'est pourquoi j'ai choisi un porno. Un truc américain signé du grand John Leslie.

­Avec du sperme et tout? ­Ah oui, pas du lait concentré. C'est l'histoire de quelques obsédés du cul qui se vampirisent les uns les autres.

­ Les filles sont jeunes?

­ Tu ne veux pas que je te raconte le scénario, en plus?

­Si tu insistes.

­Ils se livrent à de drôles de duels échangistes. Le premier qui vole le corps de l'autre, à coups de morphing accéléré, a gagné. C'est entre John Woo et Sergio Leone.

Tu te fous de ma gueule?

­Non. Ça vaut bien Face/Off, cette histoire à la con où Cage et Travolta échangent leurs identités à grands coups de montage et de trucages digitaux. Disons que c'est de l'hypnose postcinéma, le contraire de ce que José Ferrer faisait à Gene Tierney dans le Mystérieux Docteur Korvo.­

Et les filles?

Rien à voir avec Gene Tierney, c'est sûr. Mais Leslie connaît Preminger, frontalité méchante et tout.

Et les filles?

Bouches vicieuses, seins opulents, regards lourds.

­Ça me fait envie.

Si elle avait été plus grosse, j'aurais bien goûté à ta sucette.

Mais ça va pas!

­ C'est une phrase du dialogue, couillon.

­Et les filles, elles sucent bien?

­Ah oui. Mais celle qui suce Rocco Siffredi, tu vois, elle a beau dire qu'elle la veut tout entière dans sa bouche, elle n'y arrive pas.

­Elle est si grosse?

­Ah oui.

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