quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

""Femmes, Femmes"": Les femmes, anges dérisoires de Paul Vecchiali

15/03/1995 à 02h07

SKORECKI Louis

Mercredi 15. 22h05. Ciné Cinéfil.

Dans sa carrière très généreuse et très irrégulière, Paul Vecchiali s'est débrouillé pour nous laisser quelques très beaux films. Femmes, Femmes, qu'il réalise en 1974, est sans conteste son chef-d'oeuvre. Pier Paolo Pasolini, qui admirait ce film, donna à ses deux actrices deux beaux rôles dans Salo, ou les 120 journées de Sodome.

Difficile de résumer. Est-ce une fiction ou un documentaire? Les deux comédiennes jouent des personnages qui ont le même nom qu'elles et qui ont fait de leur vie quotidienne un petit théâtre. Hélène Surgère se drogue au champagne et Sonia Saviange répète les textes des petits rôles qu'elle doit jouer. Hélène la blonde ne sort plus, Sonia la brune fait les commissions comme dans un rêve. Aux murs de l'appartement s'étalent des portraits langoureux de stars des années trente.

Elles rêvent leur vie au quotidien, suivies de près par une caméra qui ne les lâche pas. De très longs plans séquences viennent ponctuer l'histoire comme autant de méditations. Mais la caméra n'est pas cruelle, elle laisse à Hélène et Sonia le loisir de se faire belles, émouvantes, gamines. Des chansons rythment le film à la manière de confessions enjouées. Il y a du Demy chez Vecchiali.

Mais la vraie nature de Femmes, Femmes, c'est de changer sans cesse: tragique et dérisoire, drôle et rapide, lentement surréel. On croit que c'est Hélène Surgère qui est alcoolique, mais c'est Sonia Saviange qui délire. Quand le réel fait irruption (l'alcool qui tue), c'est encore et toujours de la comédie. Une comédie noire qui a la beauté de deux anges dérisoires qu'on n'oubliera jamais. L. S.

Nenhum comentário:

Arquivo do blog