terça-feira, 25 de agosto de 2015

Gentleman Jim

30/04/2001 à 00h37

TCM, lundi, 11 h 30.

SKORECKI Louis

Ne jamais parler de cinéma. Il l'avait dit. Il l'avait écrit.

Il était pourtant là, le vieux con, en train d'expliquer à une jeune idiote qu'il y a des films qui servent de leçon: «Leopard Man, disait-il, n'apprend rien, mais on peut lui emprunter une éthique du cinéma, ce qu'on serait à mal de faire chez les Straub -­ trop terroristes, trop dogmatiques ­- ou chez Renoir -­ trop personnel et trop manipulateur pour aider à déchiffrer le monde.

­ Je ne vois pas où tu veux en venir.

­ Il faut aimer Walsh, Claire, parce qu'il nous aide à mieux voir le monde.

­ Tu veux dire le monde qui lui appartient ou le monde de tes bras?

­ Le monde de mes bras, c'est le monde du cinéma. Il n'y a que celui-là qui compte entre nous. Nous sommes en Celluloïd, pas en marbre, rappelle-toi.

­ Un film comme Gentleman Jim, il nous aide à quoi?

­ Celui-là, c'est le plus facile à comprendre et à aimer aujourd'hui. Scorsese, tu vois qui c'est?

­ Le nabot italo-américain? Le junkie? Le malade de cinéma?

­ Oui, celui-là. Tu a vu Raging Bull?

­ Le truc où De Niro grossit de 800 kilos?

­ Oui, oui. Le machin avec des ralentis, toute cette branlette sentimentale et maniériste qui mène droit aux pires "légoïsmes" de Wong Kar-waï (je t'expliquerai un jour en détail cette hypertrophie de la texture et de la surface, cet effet enfantin, cet effet Lego qui contamine tout ce qu'on appelle encore "le cinéma", du Chéreau londonien à ce film-culte pour midinettes amoureuses, Requiem for a Dream).

­ Alors, Raging Bull?

­ Raging Bull prouve à chaque seconde que Scorsese, qui connaît pourtant Walsh par coeur, n'a pas compris que Gentleman Jim, l'existence même de Gentleman Jim, rendait son Raging Bull impossible.

­ Je ne te suis plus, mon lapin, je suis larguée.

­ Deux histoires de boxeurs, d'accord? Deux dévoreurs de vie, deux aristocrates plébéiens incrustés dans une société de la représentation qui les fascine tous les deux, oui?

­ Mais Raging Bull, c'est l'un des meilleurs Scorsese, l'un des moins trafiqués, des plus frontaux, des plus classiques.

­ Il se fait tard, Claire, tu me fatigues avec tes bêtises. On en reparle jeudi, tu veux?».

Um comentário:

Jesús Cortés disse...

Increíble que en apenas 20 meses, Walsh rodara "High Sierra", "Manpower", "They died with their boots on", "The strawberry blonde", "Desperate journey" y "Gentlemamn Jim".
Y desde luego Flynn fácilmente uno de mis tres actores favoritos de la historia.

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