quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

""Ginger et Fred"": Masina et Mastroianni, explorateurs felliniens du petit écran

28/02/1995 à 00h45

SKORECKI Louis

Paris Première, 22 h 20, film

ON PEUT ne pas aimer les films de Federico Fellini mais on ne peut pas nier leur importance historique. Ginger et Fred, par exemple, est une sorte de testament doux-amer du maître, qui permet de plonger d'une manière baroque et somptueuse dans l'univers de la télévision. Mais un problème se pose, celui de voir dix ans après sa sortie en salles ce film sur petit écran. Est-ce que la différence, que Fellini explore longuement, entre cinéma et télévision, va se lire aussi bien?

Ginger et Fred commence, comme le cinéma lui-même, par l'entrée d'un train en gare. On distingue alors la silhouette frêle de Giulietta Masina qui s'avance. Elle s'appelle Amelia, mais la jeune fille qui l'accueille sur le quai attend bel et bien «Ginger», une ancienne danseuse qui avait emprunté son prénom à Ginger Rogers pour un duo danse et claquettes connu sous le nom de «Ginger et Fred».

C'est bien sous l'oeil du cinéma qu'on accompagne Ginger dans les coulisses de l'émission de télévision qui l'accueille. Elle croise un amiral héroïque, des sosies de Clark Gable et Marcel Proust, pendant que partout, dans le hall de l'hôtel jusque dans sa chambre, un match de foot est diffusé avec le son poussé au maximum.

Elle change de chaîne en attendant son Fred qui ne vient pas. Quand ils se retrouveront enfin, ils se découvriront fragiles et usés. Dans le rôle de Fred, Marcello Mastroianni apporte une humanité formidable. Il est chauve, elle est ridée, ils attendront longtemps les quelques secondes de gloire éphémère de leur passage télé. Ils se quitteront émus, sous le regard attendri du cinéma de Fellini. L. S.

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