sábado, 22 de agosto de 2015

Gremlins 2. Monte-Carlo, 20 h 55

14/12/1999 à 02h01

SKORECKI Louis

Les diablotins schizoïdes de Gremlins 2 font mentir l'adage qui veut qu'un feuilleton ne vaille jamais le pilote. On dira que le film de Joe Dante n'est pas un feuilleton mais un film. Ah bon? Quelle différence entre une bonne série (Dream On, Twin Peaks) et les films de cinéma de leurs auteurs, John Landis et David Lynch? Même économie frimeuse, même vitesse lente, même dérision. On peut penser, ça se défend, que les feuilletons télé de Lynch ou Landis valent mieux, dans leur espèce de dérision modeste, que leurs efforts un peu pompeux pour grand écran. Dante, double pessimiste de Spielberg, a peut-être manqué sa véritable vocation en s'épuisant dans des fiascos prévisibles, condamné à donner une suite (excellente) aux Gremlins, son seul succès commercial. Il a d'ailleurs réalisé il y a quinze ans, sans le savoir, le pilote extraordinaire d'une série qui ne s'est jamais faite, Explorers, petit bijou d'interactivité gamine en forme de zapping interplanétaire. Il y explorait avant tout le monde les connections ciné-télé-jeux vidéo, puisque trois mômes y communiquent, à force de cut-ups d'images qui sont autant de hoquets téléphiles, avec deux jeunes extraterrestres qui se sont bricolé un langage fait de bribes de shows et de séries US. Pendant ce temps, les Power Rangers parcourent l'espace. Ils ne nous lâchent pas, ils ne nous lâchent plus. Chaque année, ils changent d'équipage, de look, de produits dérivés. Comme autant de gremlins nouveaux, d'autres monstres apparaissent, en constante mutation, toujours aussi invraisemblables, toujours aussi drôles. Film à épisodes ou feuilleton fleuve? On s'en fout, c'est la même chose. Produisant à l'infini leurs propres clones, leurs propres remakes, les Power Rangers s'inventent une suite perpétuelle, s'auto-détruisant à chaque saison. Ce sont les héros des enfants pauvres, les guerriers des bidonvilles, les ninjas du futur. Les gremlins font rire les gosses de riches et les amateurs de Capra. Mais les pauvres finissent toujours par gagner. Ils font plus d'enfants, l'avenir leur appartient. La télé, c'est la vie. L'avenir appartient aux Power Rangers.

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