segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Gun Fury

Par Louis SKORECKI

CINéCINéMA classic, 20 h 45.

Rappeler que ce film de 1953 (grande année, 1953) est d'abord un film à lunettes, en relief. En 3D, comme on disait. Avant d'être un superbe Walsh, c'est ça. Un truc hybride, bricolé, qui appartient à la préhistoire moderniste du cinéma. Entre 1952 et 1959 (plus rien ne sortira après d'aussi vital, d'aussi frontal, d'aussi intense, des usines cinéma), on s'étourdit au rythme de quelques chefs-d'oeuvre absolus d'Edward Ludwig (Sangaree, Jivaro), Jack Arnold (le Météore de la nuit, The Glass Web, l'Etrange Créature du lac noir), Boetticher (Wings of the Hawk), Sirk (Taza, fils de Cochise), Hitchcock (le Crime était presque parfait), ou encore Dwan (Silver Lode).

Ce sont des films à la Perec où le cahier des charges, l'obligation d'inclure une ou deux scènes qui mette le relief en relief (les célèbres ciseaux en premier plan assassin d'Hitchcock), donne un sentiment d'humilité et de modestie dont on a oublié le goût.

A part ça, Gun Fury est le dernier volet d'une trilogie Raoul Walsh-Rock Hudson qui fait merveille. Walsh est le seul à savoir tirer vie et virilité d'un pédé mou comme Rock Hudson (Sirk y réussit moins bien) ou d'un théâtreux sans talent comme Gregory Peck. Sans atteindre au pur génie de The Lawless Breed (1952) ou The Sea Devils (1953), Gun Fury reste un beau western classique. Avec ou sans lunettes, il a de l'allure.

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