segunda-feira, 31 de agosto de 2015

Husbands

26/02/2004 à 23h27

Cinécinéma auteur, 0 h 15.

SKORECKI Louis

Cassavetes, c'est beau quand tu te contentes d'en attraper une ou deux scènes au vol, par hasard, sans l'avoir prémédité. Là, tu te dis que c'est impressionnant. Mais en fait, c'est vraiment très moyen. Même Husbands, l'un de ses films les plus personnels, ça ne vole pas loin.

­ Un film, ça ne doit pas voler.

­ Au lieu de s'occuper à faire décoller son film, Cassavetes te vole deux heures. Pour passer autant de temps devant un film, il doit y avoir une bonne raison.

­ Les sentiments, la solitude, l'amitié.

­ L'entropie, oui.

­ Attends, ce n'est quand même pas Rivette ou Scorsese.

­ C'est beaucoup moins bien que Rozier, en tout cas. Rozier lézarde autant que Cassavetes, il paresse, il refuse de choisir entre deux plans, deux scènes, deux angles, mais les sentiments sont plus sincères.

­ C'est la première fois que j'entends dire que Cassavetes n'est pas sincère.

­ Ce n'est pas ce que j'ai dit. Rozier fait de l'immaturité (la sienne comme celle de ses personnages) quelque chose de plus émouvant, de plus définitif, de plus écrit. Rozier est un cinéaste.

­ ???!!!????

­ Il y a du Ozu chez Rozier. Ce n'est pas Mizoguchi, mais c'est quand même Ozu.

­ Et Cassavetes, alors ?

­ Cassavetes, c'est salut les copains, on se fait une bouffe.

­ Tu exagères, comme toujours.

­ Refus de la construction, dilatation extrême du détail, de l'instant, de la scène. Pas de contexte concret ou même harmonieux.

­ C'est du Lourcelles, ça.

­ Il n'y a pas mieux.

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